Le ministre français des Affaires étrangères a accordé mardi un entretien à l’AFP sur la reprise de la coopération migratoire avec Alger. Il évoque des avancées sur les auditions consulaires, suspendues depuis le début de la crise bilatérale, sans chiffrer aucun résultat.
“Nous voyons des premiers résultats se manifester qui se confirment et qui s’amplifient”, a dit ce mardi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot dans un entretien à l’AFP, évoquant la reprise du “dialogue exigeant sur le plan migratoire et sécuritaire avec l’Algérie”.
Neuf jours plus tôt, le 15 mars, Barrot avait appelé son homologue algérien Ahmed Attaf, à son initiative, pour la première fois depuis novembre 2025. Les dernières réadmissions de ressortissants algériens en situation irrégulière remontent au début 2025. Les auditions consulaires, par lesquelles les agents algériens en France établissent la nationalité des personnes visées par une obligation de quitter le territoire (OQTF) avant d’émettre un laissez-passer, avaient été “complètement interrompues pendant de longs mois”, a reconnu Barrot.
“Les autorités consulaires algériennes doivent pouvoir délivrer les laissez-passer”
L’Algérie avait subordonné leur reprise à la délivrance d’agréments consulaires par Paris. “Il est nécessaire que les autorités consulaires algériennes en France puissent délivrer les laissez-passer consulaires permettant ces reconduites à la frontière”, a souligné Barrot, ajoutant que “c’est ce à quoi le ministère de l’Intérieur a travaillé en lien avec le ministère des Affaires étrangères”. Il n’a pas confirmé explicitement que ces agréments avaient été accordés.
Les 16 et 17 février, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez s’était rendu à Alger, reçu par le président Tebboune. Il en était reparti avec l’annonce d’une coopération sécuritaire relancée “de très haut niveau”. C’est cette visite que Barrot a désignée comme le moment où Paris avait “pu faire valoir un certain nombre d’attentes en particulier en matière de reconduites à la frontière des Algériens en situation irrégulière”.
Barrot n’a chiffré aucun résultat. L’ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatet, rappelé à Paris en avril 2025, n’a toujours pas regagné son poste.


