Algérie-France : un appel à startups IA doté de 30 000 euros par lauréat

L'Algérie fait partie des cinq pays retenus pour un appel à startups IA cofinancé par la France, doté d'une enveloppe individuelle allant jusqu'à 30 000 euros par lauréat. Dix entreprises seront sélectionnées au total, sur un terrain où le passage à l'échelle reste, selon les porteurs du projet, le principal obstacle.

Maghreb Emergent
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intelligence artificielle. (Illustration)
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Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères vient d’ouvrir, avec Expertise France, un appel à candidatures pour startups à forte composante intelligence artificielle. Sont concernées les entreprises basées en Algérie, en Égypte, au Liban, au Maroc et en Tunisie. Le financement provient du Fonds Équipe France + (FEF+), et l’opération relève du projet « Structuring the AI Sector in the Mediterranean », que pilote Expertise France en lien avec les acteurs des cinq pays. Dix startups seront choisies. Elles auront accès à des expertises spécialisées, à des infrastructures et données dédiées, ainsi qu’à un appui pour développer leur activité commerciale et lever des fonds.

Le projet veut faire du sud de la Méditerranée un producteur de solutions d’intelligence artificielle taillées pour ses propres besoins, en santé, en éducation, en agriculture, sur les questions climatiques aussi. Ses promoteurs espèrent voir ces solutions s’exporter ensuite vers l’Afrique, le Moyen-Orient et le Sud global, en misant sur des échanges entre pays du Sud plutôt que sur les circuits classiques Nord-Sud.

Des freins structurels à lever

Ces freins, une analyse menée en marge du Forum Méditerranéen de l’Intelligence Artificielle 2025 les a recensés. Beaucoup de startups de la région ont déjà une solution qui fonctionne et une première clientèle, mais butent au moment de changer de dimension. Pour celles qui sortent de la recherche universitaire, la difficulté est différente. Transformer un résultat scientifique en produit vendable ne va pas de soi. Le document de l’appel ne cite aucun chiffre ni aucun acteur propre à l’Algérie : ces constats sont formulés à l’échelle des cinq pays du projet.

Sur le terrain algérien, le retard n’est pas un manque de startups. Le pays en compte près de 800, deuxième volume en Afrique derrière le Nigeria, porté notamment par Yassir, plateforme de mobilité valorisée entre 600 et 800 millions de dollars. Le blocage se situe plutôt du côté du capital-risque privé, resté embryonnaire face à des mécanismes de financement public plafonnés autour de 70 millions de dollars, et des lourdeurs administratives qui découragent les investisseurs étrangers.

Chaque startup retenue par l’appel France-Méditerranée recevra un diagnostic de ses besoins puis une feuille de route pour passer à l’échelle, associée à un accompagnement qui mêle conseil stratégique et expertise technique. Le programme touche à l’industrialisation des solutions (MLOps, infrastructures cloud, data engineering, cybersécurité, interopérabilité), à la gouvernance des données, à la conformité réglementaire, au développement commercial et à la structuration des équipes. Les startups issues de la recherche recevront en plus un appui sur la propriété intellectuelle et le transfert technologique.

L’enveloppe individuelle mobilisable ira de 10 000 à 30 000 euros, pour financer l’accès à un catalogue d’experts et de prestataires techniques. Son montant et sa nature dépendront de la maturité de chaque startup, de son secteur, de son marché local. Le nombre de candidatures algériennes déposées d’ici la clôture donnera une première mesure de l’intérêt suscité par le dispositif dans le pays.

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