Quatre-vingt-dix-neuf pour cent de l’électricité algérienne produite au gaz, une facture énergétique intérieure qui grève les volumes exportables, et un programme solaire dont les premiers mégawatts arrivent enfin sur le réseau. C’est dans ce contexte que le ministre Mourad Adjal a reçu jeudi les dirigeants du Green Energy Cluster Algeria pour formaliser cinq axes de coopération sur la transition énergétique.
Le programme solaire de 3 200 MW entre dans sa phase de raccordement
Le ministre Adjal a informé les représentants de GECA que le programme des 3 200 MWc photovoltaïques a quitté la phase de construction pour entrer dans celle du raccordement au réseau. Les premières centaines de mégawatts feront l’objet d’une injection graduelle, et plusieurs centrales solaires doivent être connectées avant l’été 2026. Pour Adjal, 2026 et 2027 forment une période déterminante : livraison des premiers résultats du programme, préparation de l’après-3 200 MW et amorce d’un nouveau modèle de consommation énergétique conforme aux orientations de la présidence de la République.
Le ministre a par ailleurs lié le succès de la transition à deux conditions : le développement technologique et industriel d’une part, le recours à l’outil de production national dans l’ensemble des projets multisectoriels de l’autre.
Cinq chantiers identifiés comme prioritaires
À l’issue des échanges, Mourad Adjal a confirmé la disponibilité de ses équipes à travailler avec GECA sur cinq sujets. Le premier concerne l’impulsion de l’industrie nationale des énergies renouvelables. Le deuxième porte sur le financement de la transition et les nouveaux modèles économiques associés. Le troisième vise l’élargissement des projets renouvelables au hors-réseau, à l’éolien et à la biomasse, filières jusqu’ici marginales dans le programme national. Le quatrième réaffirme l’exigence d’intégration locale dans tous les projets multisectoriels. Le cinquième fait de la décarbonation un axe de réponse aux contraintes nationales et internationales pesant sur l’économie algérienne.
GECA soumet quatre propositions dont l’Article 103 de la LF 2026
Le président du conseil d’administration de GECA, Mehdi Bendimerad, a remis au ministre un dossier de travail structuré autour de quatre axes. Outre les scénarios de politique énergétique nationale à horizon 2035 et les mécanismes de financement innovants, le document met en avant le potentiel de l’Article 103 de la loi de finances 2026. Cet article permettrait de mobiliser 785 entreprises industrielles identifiées par la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (CREG) comme éligibles à l’autoconsommation solaire.
GECA sollicite également le parrainage du ministère pour une journée nationale dédiée à la mise en oeuvre de cet article, prévue le 29 ou 30 juin 2026 à Alger.
Les deux parties ont conclu que cette audience ouvre un partenariat opérationnel entre GECA et le MEER, les prochaines semaines devant être consacrées à la concrétisation des axes retenus. Boukhalfa Yaïci, directeur général de GECA, avait détaillé la veille sur la Chaîne Une les enjeux du programme de 15 000 MW à horizon 2035 et les économies de gaz attendues, chiffrées entre 6 et 8 milliards de mètres cubes par an.


