Algérie : le solaire pour économiser jusqu’à 8 milliards de m³ de gaz par an

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L’Algérie accélère sa transition énergétique pour réduire la consommation de gaz naturel et préparer l’après-hydrocarbures. Invité de la chaîne une, Boukhalfa Yaïci, directeur général de Green Energy Cluster Algeria (GEC’A), a détaillé une stratégie ambitieuse. Le programme vise d’abord à économiser entre 6 et 8 milliards de mètres cubes de gaz par an, via le premier palier de 3 000 mégawatts.

Selon lui, «ces projets s’inscrivent dans un programme national visant à produire 15 000 mégawatts d’énergies renouvelables d’ici 2035 ». Une orientation qui répond à plusieurs enjeux : réduire la pression sur le gaz, diminuer les émissions, renforcer la place de l’Algérie dans les marchés énergétiques de demain.

Un programme de 15 000 MW pour réduire la dépendance au gaz

Le programme est déjà en marche. « 3 200 mégawatts sont actuellement en construction », précise Boukhalfa Yaïci. Ces projets devraient permettre, à terme, de libérer une quantité importante de gaz naturel utilisée aujourd’hui pour la production d’électricité.

Le responsable chiffre l’impact direct : « cela permettra d’économiser entre 6 et 8 milliards de mètres cubes de gaz par an ». Un volume stratégique qui pourra être redirigé vers l’exportation ou mobilisé pour d’autres besoins industriels. Les centrales au gaz naturel représentent aujourd’hui 99 % du mix électrique algérien, une anomalie pour un pays parmi les plus ensoleillés au monde.

Au-delà des chiffres, ce premier palier porte aussi une dimension économique. « Ces projets vont créer environ 12 000 emplois », souligne-t-il, un chiffre associé à la première tranche de 3 000 MW, dans les phases de construction, d’exploitation et de maintenance. Formation, qualification, transfert de compétences : le chantier est aussi humain. « Assurer la continuité et réussir la transition vers de nouveaux investissements représente le plus grand enjeu », reconnaît-il. La consommation d’énergie en Algérie a plus que doublé en quatre ans, ce qui rend l’accélération du programme d’autant plus urgente.

Hydrogène vert : l’Algérie dans le corridor SoutH2

En parallèle, l’Algérie prépare une nouvelle étape : le développement de l’hydrogène vert. Dans le cadre du corridor SoutH2, le projet vise à acheminer jusqu’à 4 millions de tonnes d’hydrogène vert par an vers l’Europe d’ici 2030, soit 40 % de l’objectif d’importation fixé par l’Union européenne pour cette échéance.

Pour y parvenir, l’Algérie mise sur ses atouts : ensoleillement, espace, infrastructures énergétiques déjà en place. Un protocole d’accord a été signé entre Sonatrach et un consortium européen associant Snam et Sea Corridor (Italie), VNG (Allemagne) et Verbund Green Hydrogen (Autriche), pour lancer les études de faisabilité de ce corridor transcontinental de 3 300 kilomètres. L’Algérie a réaffirmé cet engagement à Berlin en novembre 2025, à l’occasion d’une rencontre internationale sur les projets ALTEH2A et SoutH2.

L’objectif est d’intégrer l’hydrogène vert dans les réseaux existants pour en faciliter l’exportation vers le cœur industriel de l’Europe, un débouché que la proximité géographique rend naturel. La stratégie nationale prévoit une production de 1,2 million de tonnes par an d’ici 2040, dont 75 % destinés à l’export. Une transition que Yaïci veut progressive, maîtrisée, calée sur les capacités réelles du pays.

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