Les Algériens résidant à l’étranger ont transféré environ 1,8 milliard de dollars vers leur pays en 2025. Plus précisément, 1 799 millions de dollars ont transité par les canaux officiels (banques et opérateurs de transfert), selon le rapport « Sending Money Home 2026 » publié le 14 septembre par le Fonds international de développement agricole (FIDA), une agence des Nations unies. Avec ce montant, l’Algérie occupe la onzième place du classement africain des pays bénéficiaires des transferts de la diaspora.
Troisième au Maghreb, loin derrière ses voisins
Au Maghreb, l’Algérie arrive en troisième position, derrière le Maroc et la Tunisie. Le Maroc a reçu 13,65 milliards de dollars, ce qui le place au troisième rang africain, et la Tunisie 3,26 milliards, au neuvième rang. Le montant marocain représente près de huit fois son équivalent algérien, et la part tunisienne dépasse celui-ci d’environ le double. Quant à l’Égypte, elle domine l’Afrique et le monde arabe avec 41,51 milliards de dollars, ce qui en fait le quatrième bénéficiaire mondial.
Hors du club des cinq premiers
Des médias algériens indiquent qu’en 2016, l’Algérie figurait parmi les cinq premiers pays africains, avec environ 2 milliards de dollars. Or ses transferts ont reculé d’environ 10 % en dix ans, tandis que ceux de l’Égypte ont bondi de 123 %, ceux du Maroc de 114 % et ceux de la Tunisie de 79 %. Selon les mêmes données, les transferts des Algériens représentent environ 4 % de la valeur des exportations du pays, contre 18 % au Maroc et 57 % en Égypte.
Septième dans le monde arabe
À l’échelle arabe, les données de la Banque mondiale pour 2024 placent l’Algérie au septième rang, avec 1,94 milliard de dollars, après l’Égypte, le Maroc, le Liban, la Jordanie, le Yémen et la Tunisie. Les transferts s’élevaient alors à 22,7 milliards de dollars en Égypte, 12 milliards au Maroc, 5,8 milliards au Liban, 4,8 milliards en Jordanie et 3,8 milliards au Yémen.
Un recul entre 2024 et 2025
Les transferts vers l’Algérie avaient atteint 1,942 milliard de dollars en 2024 et 1,868 milliard en 2023, selon la Banque mondiale. Ils ont donc reculé d’environ 7 % entre 2024 et 2025.
Dans le même contexte, une note d’analyse publiée par l’Institut Montaigne, institut de recherche basé à Paris, révèle que ces flux ont atteint environ 1,9 milliard de dollars en 2024, soit à peine 1 % du produit intérieur brut. Le document explique que ces transferts constituent une source financière importante pour le pays, historiquement liée au soutien apporté à l’intérieur, à commencer par l’époque de la Révolution de libération, lorsqu’ils représentaient une part des recettes du Front de libération nationale (FLN) sous l’appellation d’« impôt révolutionnaire ».
La France en tête, le marché parallèle en toile de fond
L’Institut souligne que la France arrive en tête des pays d’origine de ces fonds, du fait qu’elle accueille l’essentiel de la diaspora. Selon les estimations du ministère algérien des Affaires étrangères, 79 % de la communauté algérienne dans le monde réside en France, soit environ 1,49 million de personnes sur 1,88 million d’inscrits officiellement.
Le rapport affirme que le chiffre officiel est très inférieur à la valeur réelle des transferts. Cela s’explique principalement par le maintien d’un taux de change officiel du dinar nettement supérieur à sa valeur réelle, ce qui crée un écart important avec le marché parallèle et encourage les circuits informels. Certaines lectures du rapport du FIDA ont d’ailleurs relié ce recul à la dualité des taux de change. En comparaison, les transferts des expatriés marocains représentent environ 8 % du produit intérieur brut du royaume, et près d’un tiers d’entre eux provient de France, ce qui reflète l’efficacité des circuits bancaires officiels.


