Les échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Italie ont atteint près de 13 milliards d’euros en 2025, selon les données relayées par Agenzia Nova, confirmant la solidité d’un partenariat économique devenu l’un des plus structurants en Méditerranée.
Derrière ce volume, la question énergétique domine largement, avec des exportations algériennes principalement constituées de gaz naturel acheminé vers l’Italie via le gazoduc TransMed, infrastructure stratégique reliant les deux pays à travers la Tunisie. À ces flux s’ajoutent du pétrole brut et des produits dérivés, consolidant le poids des hydrocarbures dans une relation commerciale marquée par une certaine asymétrie.
En sens inverse, l’Italie exporte vers l’Algérie des biens industriels à forte valeur ajoutée, notamment des équipements mécaniques, des machines spécialisées et des installations destinées aux secteurs de l’énergie, de la construction et des infrastructures.
Ces échanges traduisent une complémentarité économique classique, dans laquelle l’Algérie fournit l’essentiel des ressources énergétiques tandis que l’Italie apporte technologies, ingénierie et capacités industrielles. En d’autres termes, la relation demeure économiquement bénéfique pour les deux parties, tout en reposant sur une structure encore déséquilibrée.
Axe stratégique
Au-delà des aspects strictement commerciaux, cette dynamique s’inscrit dans un contexte géopolitique plus large. Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, Rome a accéléré sa stratégie de diversification énergétique, faisant de l’Algérie un fournisseur central dans son dispositif de sécurité d’approvisionnement.
Cette orientation a renforcé le poids de l’Italie en Méditerranée, au moment où d’autres partenaires européens, dont l’Espagne, connaissent des relations plus fluctuantes avec Alger.
Dans ce contexte, la relation algéro-italienne apparaît moins comme un simple échange bilatéral que comme un axe stratégique appelé à peser durablement sur les équilibres énergétiques et géopolitiques du sud de l’Europe.


