Algérie : la consommation de gaz bondit de 4% en février

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Un technicien sur un site de production de gaz de Sonatrach dans le sud algérien. ©Sonatrach

La consommation nationale de gaz a progressé de 4 % en février 2026, à 5,17 milliards de mètres cubes, portée par un secteur électrique alimenté au gaz à 99 %. Pendant ce temps, les exportations totales reculent de 1,2 % et le GNL termine le premier trimestre en baisse de 8 %.

Selon la plateforme spécialisée Attaqa, en février 2026, l’Algérie a consommé 5,17 milliards de mètres cubes de gaz naturel, contre 4,97 milliards au même mois de 2025, soit une progression de 4 % sur un an. La production, elle, n’a avancé que de 1,5 %, à 8,946 milliards de mètres cubes. L’écart entre les deux courbes n’est pas nouveau, mais il se creuse.

Le seul secteur de la production électrique a absorbé 1,64 milliard de mètres cubes en un seul mois, dans un parc qui fonctionne au gaz à 99 %. Autrement dit, chaque nouvelle centrale mise en service, chaque unité industrielle raccordée réduit d’autant les volumes disponibles pour l’exportation.

99 % d’électricité au gaz

La dépendance du réseau électrique algérien au gaz n’a guère évolué depuis une décennie. Le solaire, malgré les annonces répétées, ne pèse toujours qu’une fraction marginale du mix. Aussi, la demande de gaz pour l’électricité progresse au rythme de la consommation électrique, et celle-ci augmente d’environ 4 à 5 % par an sous l’effet conjugué de la croissance démographique, de l’industrialisation et de la généralisation de la climatisation.

Cette dynamique pèse depuis plusieurs trimestres sur la capacité de Sonatrach à répondre à une éventuelle hausse durable de la demande européenne. La demande intérieure absorbe une part croissante de la production, réduisant mécaniquement les volumes disponibles à l’export.

Les exportations sous pression

Les exportations totales de gaz ont reculé de 1,2 % sur un an à 3,572 milliards de mètres cubes, contre 3,617 milliards en février 2025. Les livraisons par gazoduc se sont établies à 2,791 milliards de mètres cubes, contre 2,819 milliards un an plus tôt. Le GNL a suivi la même pente, à 781 millions de mètres cubes contre 799 millions.

Sur l’ensemble du premier trimestre 2026, les exportations algériennes de GNL ont reculé de 8 % à 2,04 millions de tonnes, contre 2,23 millions sur la même période de 2025. La maintenance des complexes d’Arzew et Skikda explique une part du repli, mais pas sa totalité. Sur l’ensemble de 2025, la production avait déjà reculé de 2,5 % à 101,84 milliards de mètres cubes, troisième baisse annuelle consécutive depuis le pic de 2023.

La Turquie, premier client à hauteur de 50 %

Dans la répartition des volumes GNL exportés au premier trimestre, la Turquie capte à elle seule 1,02 million de tonnes sur les 2,04 millions expédiés. La France suit avec 610 000 tonnes, puis le Royaume-Uni (140 000 tonnes), l’Italie (130 000 tonnes), l’Espagne (74 000 tonnes) et la Croatie (72 000 tonnes). Six destinations européennes, une concentration géographique stable d’un trimestre à l’autre.

Ankara pèse donc autant que les cinq autres clients réunis. Sonatrach négocie avec la compagnie turque Botaş la prolongation de leur contrat GNL au-delà de 2027, pour un volume annuel de 4,4 milliards de mètres cubes, ce qui sécuriserait le principal débouché de la filière liquéfaction à l’horizon du basculement de marché attendu avec l’arrivée des volumes américains et qataris.

50 à 60 milliards de dollars pour inverser la tendance

Pour desserrer l’étau entre production stagnante et consommation croissante, Alger a annoncé un programme d’investissement de 50 à 60 milliards de dollars destiné à relancer l’exploration et la production. Un appel d’offres portant sur sept blocs a été lancé ce mois-ci, ouvert aux compagnies internationales. Les effets sur les volumes exportables ne sont pas attendus avant plusieurs années. En attendant, la consommation intérieure, elle, n’attend pas.

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