Le Brent repasse les 100 dollars, faute d’accord entre Washington et Téhéran

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La journée avait pourtant commencé sous le signe d’une accalmie relative. Donald Trump a prolongé le cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, mais en posant une condition publique : les dirigeants iraniens doivent présenter une «proposition unifiée» pour mettre fin au conflit. L’Iran a répondu en annonçant qu’il ne rouvrirait pas le détroit d’Hormuz tant que la marine américaine continuerait d’intercepter des navires dans le Golfe. Le vice-président JD Vance a annulé un déplacement prévu à Islamabad. Téhéran avait informé Washington, via le Pakistan, qu’il ne participerait pas à la réunion. À 17h04 (heure algérienne), le Brent s’affichait à 101,82 dollars, en hausse de 3,39 %. Le WTI progressait à 93,12 dollars, soit +3,85 %.

De 138 transits à cinq par jour

La mécanique est rodée depuis fin février. Depuis la fermeture quasi totale du détroit, le centre britannique UKMTO n’enregistre plus que cinq passages pétroliers quotidiens, contre une moyenne historique de 138 transits. La destruction d’offre est estimée entre quatre et cinq millions de barils par jour, soit environ 5 % de la production mondiale, l’Asie absorbant l’essentiel du choc. Les stocks commerciaux de brut aux États-Unis ont par ailleurs enregistré une baisse inattendue la semaine dernière, réduisant les marges de manœuvre disponibles.

Le marché a déjà parcouru ce trajet à plusieurs reprises. Le Brent avait dépassé 119 dollars début mars, avant de chuter à 94,75 dollars lors de l’annonce du cessez-le-feu le 8 avril, effaçant en une séance la prime de guerre accumulée. Chaque signal d’impasse diplomatique reproduit le même mouvement inverse.

Les infrastructures, variable d’inquiétude

Derrière la volatilité des cours se profile une préoccupation plus durable. L’absence d’accord maintient ouverte la menace de nouvelles frappes contre des installations pétrolières et gazières déjà endommagées, dont les réparations sont estimées à plusieurs dizaines de milliards de dollars. Quelque 20 000 marins restent bloqués en raison de la fermeture du détroit, a rappelé mardi le chef de l’agence maritime de l’ONU.

Trump a estimé publiquement que la direction de Téhéran était «sérieusement fracturée». Téhéran n’a, pour l’heure, transmis aucune réponse formelle à la demande de «proposition unifiée».

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