GNL africain : l’Algérie deuxième exportatrice du continent au premier trimestre 2026

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L'Afrique exporte 11,32 millions de tonnes de GNL au premier trimestre 2026, en hausse de 27 %. L'Algérie reste deuxième, derrière le Nigeria. (DR)

Les exportations africaines de gaz naturel liquéfié (GNL) ont bondi de 27 % au premier trimestre 2026, atteignant 11,32 millions de tonnes contre 8,90 millions sur la même période de 2025, selon le rapport sur les marchés du GNL arabe et mondial publié par l’Energy Research Unit, dont le siège est à Washington. Cinq pays concentrent 88 % de ces volumes.

Le Nigeria domine le classement avec 4,99 millions de tonnes expédiées, soit une hausse de 45 % sur un an. L’Algérie conserve la deuxième place avec 2,04 millions de tonnes, mais ses exportations accusent un recul de 8 % par rapport aux 2,23 millions de tonnes du premier trimestre 2025. Angola, Mozambique et Guinée équatoriale complètent le groupe de tête.

L’Algérie en retrait, les travaux d’Arzew en cause

Le repli algérien n’est pas une surprise. Les exportations de GNL avaient déjà reculé de 23 % en janvier 2026 à 440 000 tonnes, leur plus bas niveau depuis 2013, sous l’effet des travaux de maintenance prolongés sur les installations d’Arzew. Sur l’ensemble de 2025, le GNL algérien avait atteint son niveau le plus bas depuis deux décennies, à 9,54 millions de tonnes. Sonatrach mise sur le doublement de la capacité d’Arzew, en partenariat avec le groupe chinois Sinopec, dont les effets ne sont attendus qu’à partir de 2027.

La hausse africaine est portée principalement par le Nigeria et l’Angola, qui progresse de 30 % à 1,25 million de tonnes. La Mauritanie réalise la performance la plus spectaculaire de ce premier trimestre : 703 000 tonnes exportées, contre 42 000 un an plus tôt, soit une multiplication par dix-sept de ses volumes. Le pays, qui a démarré ses expéditions début 2025, s’impose comme un acteur émergent sur le marché continental.

L’Égypte suspendue aux approvisionnements israéliens

L’Égypte, pour sa part, a exporté 162 000 tonnes au cours des trois premiers mois de 2026, après une absence totale au premier trimestre 2025. Mais le pays a interrompu ses expéditions en mars, en raison de la perturbation de ses approvisionnements en gaz israélien par gazoduc liée aux tensions géopolitiques régionales. Cette interruption a conduit l’Égypte à importer plus de 2,93 millions de tonnes de GNL sur le trimestre. Le pays est revenu à l’export en avril 2026. Dans ce contexte de désorganisation des flux, l’Algérie avait préparé une offensive commerciale sur le marché spot en ciblant l’Égypte, la Jordanie, le Koweït et Bahreïn.

La part africaine dans les exportations mondiales de GNL reste modeste, à environ 10 % d’un total mondial de 113,6 millions de tonnes au premier trimestre. Mais l’Europe, qui cherche à diversifier ses approvisionnements, observe de près la montée en capacité du continent, en particulier dans un contexte marqué par la persistance des tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

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