Suspendu depuis 2009 par la loi de finances complémentaire, qui avait limité le crédit aux particuliers aux seuls prêts immobiliers, le crédit à la consommation avait été rétabli en 2015 sur décision de la tripartite de fin 2014.Réservé aux produits fabriqués ou assemblés en Algérie, avec un remboursement plafonné à 30 % des revenus du demandeur et une durée maximale de 60 mois, il avait été précisé par un arrêté interministériel publié au Journal officiel n° 1 de janvier 2016.
La Banque d’Algérie le réintègre dans sa mise à jour du 14 mai 2026, sans plafond ni conditions d’octroi précisés. Ces paramètres feront l’objet d’une instruction séparée de l’institution, comme le prévoit l’article 17 du règlement 2020-01.
Un marché qui part de loin
86 % des foyers algériens vivent sans recours au financement bancaire. À fin 2024, seulement 1,09 million d’individus disposaient d’un crédit actif, pour une population estimée à 7,97 millions de ménages. Le crédit au secteur privé ne représentait que 19,43 % du PIB la même année, contre 45,66 % pour le gouvernement et les entreprises publiques.
Certains établissements avaient pris les devants. La BDL avait signé en avril 2026 un accord avec la CNR pour ouvrir le crédit à la consommation aux retraités, avec un traitement des dossiers garanti sous trois jours. Banque Al Baraka proposait un crédit accessible dès 20 000 dinars de salaire mensuel, à un taux de profit de 10,75 %.
Des taux qui freinent
La réintégration du produit ne règle pas la question du coût. La BNA facture ses crédits à la consommation au-delà de 8 %, le CPA pratique des grilles similaires, très au-dessus du taux directeur de 2,75 % fixé par la Banque d’Algérie en août 2025. La transmission de la politique monétaire vers les particuliers reste incomplète. Le vrai coût du crédit dépasse systématiquement le taux affiché, une fois intégrés les frais de dossier et les primes d’assurance obligatoires.



