Annoncée samedi sans nom de partenaire sur la Chaîne 3, la convention entre la Caisse nationale des retraites et la Banque de développement local a été confirmée dans ses détails lundi par l’APS. Trois types de crédit, des délais garantis et une option islamique : ce que le dispositif prévoit concrètement.
Samedi 26 avril, invité de l’émission « L’invité du jour » sur la Chaîne 3 de la Radio algérienne, Hafid Adrar, directeur général de la Caisse nationale des retraites (CNR), annonçait la signature imminente d’une convention avec une banque publique pour permettre aux 3,5 millions d’affiliés d’accéder à des crédits bonifiés. Le nom de l’établissement n’avait pas été communiqué. Adrar précisait seulement que le dispositif inclurait une option de financement islamique et que d’autres partenariats étaient à l’étude.
Quarante-huit heures plus tard, lundi 28 avril, une déclaration à l’APS levait l’ambiguïté. Le partenaire est la Banque de développement local (BDL), et la convention avait été signée la veille, dimanche 27 avril, à Alger.
Trois volets, des délais chiffrés
Le dispositif couvre les prêts à la consommation, les prêts automobiles et les prêts immobiliers. Les agences de la BDL s’engagent à traiter les dossiers de crédit à la consommation sous trois jours, ceux portant sur l’immobilier sous quinze jours au maximum. Les produits sont accessibles sous deux formules, à taux d’intérêt classique ou via la Mourabaha pour les emprunteurs souhaitant recourir à la finance islamique.
Adrar a situé cet accord dans une logique de rupture avec le rôle historique de l’institution. « Nous avons adopté une nouvelle approche orientée vers l’amélioration du pouvoir d’achat des retraités », a-t-il dit, précisant que la CNR « œuvre actuellement à la coordination avec différents organismes publics » pour élargir le dispositif. Les noms de ces partenaires potentiels n’ont pas été précisés.
Un accès longtemps fermé
La mesure touche à une réalité peu commentée du système bancaire algérien. Les retraités restent largement exclus du crédit de droit commun, faute de revenus salariaux actifs susceptibles de servir de garantie.
La convention avec la BDL constitue de facto une dérogation aux conditions habituelles d’octroi. L’ouverture vers la finance islamique est notable : les caisses sociales algériennes ont jusqu’ici peu pratiqué ce type d’ingénierie financière.
Deuxième accord avec la BDL en quatre mois
Ce partenariat de crédit est le second signé entre les deux institutions depuis la fin de l’année passée. Le 31 décembre 2025, une première convention avait porté sur la diversification des canaux de versement des pensions, la transformation numérique et la simplification des procédures. Les deux directeurs généraux, Hafid Adrar pour la CNR et Mohamed Mebarek pour la BDL, avaient alors cosigné le texte.
La BDL est l’un des deux titres bancaires cotés à la Bourse d’Alger, aux côtés du CPA. Son encours de crédits a dépassé 1 400 milliards de dinars en 2025, en progression de 186 milliards sur un an, selon un bilan récent. Entrée en Bourse en mars 2025, la banque compte plus de 33 000 actionnaires minoritaires.


