Les réseaux sociaux se sont enflammés suite à l’apparition du ministre du Commerce et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, arborant des accessoires étrangers de grand luxe. La scène s’est déroulée hier soir lors de la finale de la Coupe d’Algérie, qui a vu le sacre de l’USM Alger face au CR Belouizdad (3-1). Alors que tous les regards étaient tournés vers la pelouse, les objectifs des téléphones des supporters et des officiels en tribune d’honneur se sont braqués sur un tout autre spectacle : les détails de la tenue de Monsieur le Ministre.
De nombreux publications ont relevé que, selon une analyse visuelle des images circulant en ligne, le ministre semblait porter des lunettes de soleil de type Aviator classique, ressemblant aux modèles de la marque Ray-Ban. Les prix de ce modèle varient entre 150 et 350 dollars sur les marchés internationaux. Toutefois, une identification précise de la marque nécessiterait un examen plus rapproché de l’image.
Toutefois, ce qui a suscité le plus de curiosité est la montre portée au poignet par le ministre, connu pour être un fervent défenseur de la limitation des importations et de la promotion du produit national lors de ses interventions dans les salons et expositions. Celle-ci présente les caractéristiques de montres de plongée haut de gamme, par sa taille, son cadran noir et sa lunette métallique. Ainsi, ces spécificités correspondent à des modèles tels que la Breitling Superocean ou l’Omega Seamaster. Ces garde-temps ont une valeur marchande qui varie entre 3 500 et 7 000 dollars.
Samsung vs Condor
Pour compléter le tableau, les images montrent également le ministre tenant un téléphone qui, selon l’analyse visuelle, serait un Samsung Galaxy S24 Ultra en titane gris. Il s’agit d’un appareil de fabrication coréenne dont le prix d’appel est fixé à 1 299 dollars.
Plusieurs tweets se sont alors interrogés : comment interdire l’importation de ce type de téléphones tout en utilisant soi-même des produits étrangers, plutôt que des articles fabriqués localement comme ceux de la marque Condor ou d’autres enseignes nationales ?
Ces remarques prennent une saveur particulière lorsqu’on les replace dans leur contexte institutionnel : le ministre est en effet en charge d’un portefeuille dédié à la régulation du commerce extérieur et à la promotion des exportations. Ce ministère a supervisé une série de décisions visant à réduire la facture des importations et à soutenir la consommation locale.
Certains internautes se sont également demandé si ces produits, dans le cas où leur identification est correcte, ont été importés par les canaux officiels et soumis aux droits de douane en vigueur. Mais la scène pose surtout une question qui revient avec insistance dans l’opinion publique : la défense du produit national ne commence-t-elle pas par l’exemplarité avant le discours ?


