Lors de sa visite officielle en Turquie, le président de la République M.Tebboune et son homologue Erdoğan ont signé jeudi une série d’accords stratégiques. Ensemble, ils dessinent une nouvelle architecture de partenariat économique entre Alger et Ankara.
La visite d’État du président Abdelmadjid Tebboune en Turquie marque un tournant décisif dans les relations bilatérales entre Alger et Ankara. À l’issue de ses entretiens avec le président Recep Tayyip Erdoğan, les deux chefs d’État ont affiché une ambition commune : porter le volume des échanges commerciaux et des investissements à 10 milliards de dollars d’ici 2030.
10 Mds de dollars d’objectif d’échanges commerciaux et d’investissements
Cet objectif ambitieux repose sur des fondations solides. Les deux pays entretiennent des liens historiques profonds, ancrés dans un héritage culturel commun. Toutefois, Tebboune a tenu à souligner que la relation bilatérale connaît désormais une dynamique croissante, qui appelle à diversifier et à approfondir le partenariat économique.
Au cœur du dispositif figure le lancement de négociations pour un accord commercial préférentiel. Cet accord portera sur une liste définie de biens et de produits, constituant ainsi un levier central pour atteindre le palier des 10 milliards de dollars. Le président Tebboune s’est d’ailleurs dit satisfait de la formule préférentielle retenue pour un certain nombre de produits entre les deux pays.
En parallèle, la réactivation du Forum des hommes d’affaires algéro-turcs a été saluée comme un outil indispensable. Ce forum jouera un rôle pivot dans la dynamisation des échanges commerciaux et le développement des investissements entre opérateurs économiques des deux rives.
Des secteurs clés identifiés pour la coopération
Les deux présidents ont clairement ciblé les secteurs porteurs de la future coopération économique. Les énergies renouvelables, l’agriculture, l’industrie et les mines figurent en tête des priorités. Ces filières stratégiques correspondent aux besoins de diversification économique de l’Algérie, et aux expertises industrielles reconnues de la Turquie. Par ailleurs, les deux parties ont réaffirmé leur attachement aux dimensions culturelles et humaines du partenariat, en valorisant le patrimoine historique et civilisationnel commun.
Treize accords signés dans des domaines vitaux
Cette visite a été couronnée par la signature de treize accords et mémorandums d’entente, couvrant des domaines aussi variés que l’industrie, les transports, la communication ou encore la gestion des catastrophes. Ainsi, un protocole de coopération audiovisuelle a été conclu entre la radio algérienne et la télévision publique turque. Les agences nationales d’investissement des deux pays ont, quant à elles, signé un mémorandum pour la promotion commune de l’investissement.
Dans le domaine de l’information, les deux ministères de la communication se sont engagés à coopérer dans la lutte contre la désinformation médiatique. Sur le plan agricole, un accord portant sur la protection des végétaux et le contrôle phytosanitaire a également été paraphé. De même, les ministères de l’industrie ont formalisé deux mémorandums distincts : l’un dédié à la normalisation et à l’évaluation de la conformité, l’autre au développement des PME.
Par ailleurs, un accord sur la gestion des catastrophes et des situations d’urgence a été signé entre les ministères de l’intérieur des deux pays. La mobilité des personnes n’a pas été oubliée, avec un accord sur la reconnaissance mutuelle et l’échange des permis de conduire, ainsi qu’une convention sur le transport international routier de voyageurs et de marchandises. Les services postaux et les télécommunications feront également l’objet d’une coopération renforcée. Enfin, un mémorandum a été consacré à la prise en charge des moudjahidine et des ayants droit des chouhada.


