Sept mois après son installation à El Mouradia, Farid Yaïci vient d’être déchargé de ses attributions de conseiller à la présidence de la République. Le Journal officiel n°33, paru mercredi 6 mai 2026, publie un décret présidentiel daté du 2 mai mettant fin à ses fonctions à la tête d’un dossier qui couvrait l’essentiel de la mécanique financière de l’État.
Le texte retire à Yaïci la charge des finances, des banques, du budget, des réserves de change, des marchés publics et des paiements internationaux. Un périmètre large, depuis la conduite des grands équilibres budgétaires jusqu’au suivi des contrats publics et de la position extérieure du pays.
Yaïci avait été installé à ce poste par décret présidentiel du 14 Rabie Ethani 1447, soit le 6 octobre 2025, dans la même charrette de nominations qui avait vu arriver Mohamed Hammouche aux affaires juridiques et Nasreddine Ben Tifour aux dossiers de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la formation professionnelle et de la culture. À peine sept mois en fonction.
Économiste, docteur en sciences économiques et professeur à Béjaïa, Yaïci passait à son arrivée pour un technocrate formé à l’appareil d’État, avec un passage par le ministère de la Prospective, la Banque d’Algérie et le ministère de l’Industrie. Sur le fond, il défendait un réformisme prudent compatible avec la ligne officielle, hostile à la convergence des deux taux du dinar et favorable à la création d’un fonds souverain.
Hammouche également écarté
Trois jours plus tôt, un autre décret présidentiel daté du 29 avril mettait fin aux fonctions de Mohamed Hammouche, conseiller chargé des affaires juridiques et judiciaires. Le texte vise expressément le décret de nomination du 6 octobre 2025, signe d’un parallélisme des formes assumé.
Le même numéro 33 publie également la fin de fonctions de Souad Ouled Diaf, chargée de mission à la Présidence, par un décret également daté du 2 mai. Trois départs en l’espace de quelques jours, dans un mouvement qui touche à la fois la sphère consultative économique, juridique et administrative du palais.
Aucun des trois décrets ne précise les motifs des départs ni les noms des éventuels successeurs. La présidence n’a pas non plus communiqué officiellement sur ces décisions, conformément à un usage installé pour les mouvements internes du cabinet présidentiel.
Le départ de Yaïci intervient deux mois après la nomination de Kortal Farid, troisième conseiller économique de la présidence, aux côtés d’Amine Mazouzi à l’énergie. La cellule économique d’El Mouradia se reconfigure une nouvelle fois.


