Barrage vert algérien : le Fonds vert pour le climat approuve un don de 43 millions de dollars

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Plantation forestière dans la steppe, zone du Barrage vert en Algérie
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Le Fonds vert pour le climat (FVC) a approuvé un don de 43 millions de dollars pour relancer le Barrage vert. Le projet coûte 99,5 millions au total, dont 56,5 millions à la charge de l’État algérien, selon un communiqué de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Le Conseil d’administration du FVC, réuni à Songdo (Corée du Sud) pour sa 46e session, a validé le projet « Renforcement de la résilience climatique dans les zones steppiques et les forêts sèches du Barrage vert algérien ». D’après le communiqué de la FAO, c’est la première initiative climatique de l’Algérie financée par le FVC. Le projet s’étend sur sept ans et couvre 454 138 hectares répartis dans six wilayas, que le communiqué ne nomme pas.

Qui paie quoi

Le FVC verse 43 millions de dollars à titre de don, soit 43 % de son budget. L’Algérie met 56,5 millions, soit 57 %. La FAO assure la supervision technique, financière et administrative, tandis que sa représentation à Alger et la Direction générale des forêts (DGF) exécutent conjointement le projet. Le ministre de l’Agriculture, Sid Ali Khaldi, y voit une contribution à la relance intégrée du Barrage vert. Le FVC met en avant la part nationale de 57 %, qu’il présente comme preuve de l’appropriation du projet par l’Algérie.

Un écart mérite d’être signalé. En février 2021, un responsable de la DGF annonçait à la radio nationale une enveloppe de 128 millions de dollars sur sept ans : 43 millions du FVC, 29 millions de la FAO et environ 56 millions de cofinancement algérien. Les parts du FVC et de l’Algérie n’ont pas bougé. Les 29 millions de la FAO ne figurent plus dans le communiqué, et le total tombe à 99,5 millions. Les documents que nous avons consultés n’expliquent pas ce changement.

Ce que le projet promet

Le communiqué annonce plus de 59 000 hectares de forêts, de parcours, de dunes et de terres agricoles restaurés. Il prévoit un soutien direct à 142 000 agriculteurs, éleveurs et pasteurs, dont plus d’un tiers sont des femmes, pour un total de plus d’un million de bénéficiaires. Le volet équipement comprend 190 kits solaires et 240 unités de fourrage hydroponique, censées nourrir plus de 25 000 têtes de bétail toute l’année.

Des microentreprises, dont au moins la moitié sont dirigées par des femmes, doivent accéder à des financements. Six filières sont ciblées : figuier de Barbarie, olivier, romarin, laine, alfa et menthe poivrée. Côté climat, le projet vise 540 355 tonnes d’équivalent CO₂ évitées ou séquestrées à son terme, et plus de 1,8 million de tonnes sur l’ensemble de sa durée de vie.

Un chantier ouvert depuis 1971

Le Barrage vert a été lancé en 1971. Sa relance a été validée par deux conseils interministériels, en septembre 2019 puis en août 2020, rappelait Mongabay en 2023. Le site chiffrait alors le plan national à 75 milliards de dinars, soit environ 552 millions de dollars. Rappelant que ce plan visait à porter la superficie végétale de 3,7 à 4,7 millions d’hectares d’ici 2035.

Au regard de ces ordres de grandeur, les 59 000 hectares restaurés représentent environ 13 % de la zone ciblée par le projet et une petite part du million d’hectares supplémentaires visé d’ici 2035. Le projet FVC est un volet de la relance, pas son équivalent. Le cofinancement algérien de 56,5 millions représente à peu près un dixième du plan chiffré en 2023, si les deux montants sont comparables.

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