Bourse d’Alger, les actions Ayrade souscrites à 70% à l’approche de la clôture

La souscription aux actions Ayrade a atteint 70% de l’objectif à une semaine de la clôture fixée au 30 juin, selon une source proche de l’émetteur.

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مؤسسة آيراد Ayrade

Le premier opérateur algérien de cloud souverain à s’introduire en Bourse d’Alger avait mis sur le marché 1,25 million d’actions nouvelles au prix unitaire de 800 dinars, visant une levée d’un milliard de dinars destinée à financer le déploiement de ses infrastructures numériques — 294 serveurs supplémentaires, renforcement des datacenters d’Alger et d’Oran, extension des capacités cloud. À ce stade, 800 millions de dinars seraient donc couverts, avec des engagements d’investisseurs institutionnels annoncés pour boucler le solde avant la date butoir.

Un résultat honorable pour une tech PME

Replacé dans l’histoire récente de la place algéroise, ce taux de 70% à J-6 mérite d’être nuancé à la hausse. Les grandes IPO bancaires des dernières années — CPA et BDL notamment — avaient été sursouscrites, mais elles bénéficiaient d’une notoriété grand public sans commune mesure et d’un réseau de collecte captif dans leurs propres agences. Ayrade, PME technologique peu connue du grand public, évoluait sans ces avantages structurels. Pour ce profil d’émetteur dans le compartiment croissance, franchir les deux tiers de l’objectif avec une semaine à courir constitue une performance au-dessus de la moyenne historique des introductions comparables sur cette place. Si les engagements institutionnels annoncés se concrétisent avant le 30 juin à 15h, l’opération sera techniquement bouclée à 100% — et pourra être présentée comme un succès sans réserve.

Le business plan sous tension si le milliard n’est pas atteint

La question se pose néanmoins : que se passe-t-il si les promesses institutionnelles ne se transforment pas toutes en souscriptions fermes ? Le plan d’investissement présenté par Tell Markets dans la notice d’information a été calibré sur la base du milliard plein. Un gap de 200 millions de dinars obligerait Lamine  Belbachir le PDG de Ayrade à des arbitrages : séquencer les investissements en repoussant les acquisitions les moins urgentes, ou recourir au crédit bancaire pour combler le déficit — ce qui introduirait une charge financière absente du business plan originel. Dans les deux cas, le rendement annoncé de 9,45% en moyenne sur cinq ans, argument central de la commercialisation du titre, serait exposé à révision. La notice ne semblant pas contenir de scénario de sensibilité explicite à un montant levé inférieur à l’objectif, les souscripteurs auraient acheté une projection sans filet sur ce risque précis.

Une place qui avance, mais toujours portée par les institutionnels

Ce que dit finalement cette IPO sur l’état de la Bourse d’Alger est autant encourageant que révélateur de ses limites. Encourageant, parce qu’une entreprise technologique algérienne — secteur historiquement boudé par le financement de marché — a réussi à mobiliser l’intérêt d’une communauté d’investisseurs en moins d’un mois. Révélateur, parce que c’est une fois de plus la tranche institutionnelle qui semble appeler à la rescousse une souscription populaire restée en deçà des espoirs. L’appétence pour les valeurs tech à Alger existe, mais elle demeure fragile et conditionnelle : elle se manifeste chez les professionnels du marché, pas encore dans l’épargne des ménages. Tant que le marché secondaire restera peu liquide et que la culture actionnariale du grand public ne se sera pas consolidée, les IPO tech continueront de dépendre du bon vouloir des institutionnels pour franchir la ligne d’arrivée.

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