Mines : Arkab à Moscou pour préparer la 13e commission mixte algéro-russe

Mines, gaz naturel, transfert de technologie : à Moscou, Alger et Moscou ont posé jeudi les bases d'une coopération énergétique et minière qui dépasse le cadre protocolaire de leur commission mixte annuelle.

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La délégation algérienne conduite par Mohamed Arkab face à son homologue russe Sergueï Tsivilyov, au ministère de l'Énergie de la Fédération de Russie, le 25 juin 2026 à Moscou. ©Ministère des hydrocarbures

Le ministre des Hydrocarbures Mohamed Arkab a enchaîné jeudi 25 juin deux séries de discussions à Moscou, d’abord avec le ministre russe des Ressources naturelles Alexandre Kozlov sur le dossier minier, puis avec le ministre de l’Énergie Sergueï Tsivilyov sur les hydrocarbures et le gaz naturel. La 13e session de la Commission intergouvernementale algéro-russe de coopération économique doit se tenir le lendemain, vendredi 26 juin, dans la capitale russe.

Les deux rencontres se sont tenues en présence du directeur général de l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (ALNAFT), Samir Bakhti, et du président de l’Autorité de régulation des hydrocarbures, Amine Remini, auxquels s’ajoutaient les ambassadeurs des deux pays et des cadres des secteurs concernés.

Sur le front minier

Avec Kozlov, les échanges ont couvert la totalité de la chaîne de valeur minière, de la prospection géologique à la transformation des minerais, avec une attention particulière aux minerais critiques et aux terres rares. Ces ressources concentrent une demande croissante des industries de haute technologie et des filières de production d’énergies renouvelables, un secteur où la concurrence internationale s’est fortement accélérée depuis 2022.

Arkab a mis en avant trois projets que le gouvernement considère comme structurants. Le premier concerne la transformation intégrée du phosphate. Le deuxième porte sur l’exploitation du gisement de fer de Gara Djebilet, dans l’extrême Sud-Ouest du pays. Le troisième est le projet zinc et plomb à Oued Amizour, à Béjaïa. Ces chantiers sont présentés comme des instruments de substitution aux importations et de montée en puissance de l’industrie nationale de transformation.

Le ministre a par ailleurs évoqué les réformes du cadre juridique. La nouvelle loi minière, qui a suscité de vives controverses en autorisant des participations étrangères jusqu’à 80 %, est présentée par le gouvernement comme un signal d’ouverture aux opérateurs internationaux. Du côté russe, Kozlov a confirmé la disponibilité des entreprises de son pays à s’impliquer dans les projets d’exploration et de transformation, Moscou ayant déjà, via le groupe GEOTECH, engagé des discussions avec Sonatrach et Sonarem sur des projets de cartographie géologique avancée.

Gaz naturel et industrie pétrolière

La deuxième réunion, avec Tsivilyov, a porté sur les hydrocarbures et les industries liées au gaz naturel. Les deux parties ont passé en revue les perspectives de développement des capacités de production algériennes, la réduction des émissions carbone dans les projets pétroliers et gaziers, ainsi que l’élargissement des partenariats industriels entre Sonatrach et les entreprises russes spécialisées. Les discussions ont également abordé le transfert de technologie, la formation et le contenu local dans les projets énergétiques.

Les deux ministres ont échangé sur les marchés mondiaux du gaz naturel et les perspectives de coopération au sein du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG), dont le siège de l’Institut de recherche sur le gaz est établi à Alger. La question de la stabilité des marchés et de la sécurité des approvisionnements a également été soulevée, dans un contexte de tensions persistantes sur les équilibres offre-demande à l’échelle mondiale.

Le secteur minier algérien ne représentait que 0,8 % des investissements déclarés auprès de l’AAPI entre novembre 2022 et mars 2025. C’est précisément ce retard que la révision législative et les démarches diplomatiques comme celles de Moscou visent à combler. En janvier, à Riyad, la secrétaire d’État chargée des Mines Karima Bakir Tafer avait défendu le même argumentaire auprès des partenaires du Golfe, sans que des engagements concrets n’aient été annoncés à l’issue de ce déplacement.

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