Coupe du monde, recherche désespérément Nation à supporter

6 min de lecture
Coupe du monde

Pour la première fois depuis le 11 juin dernier il n’y’a pas de match de coupe du monde aujourd’hui. Dépression. Même pas de quoi nourrir une attente incandescente. Pour qui faut il s’enflammer maintenant pour rester en mode ultra ?  Il reste huit nations et aucune de celles que je supporte habituellement.

L’Algérie parce ce que cela ne se discute pas, les Pays bas parce que je suis fan de l’Ajax éternel, et le Brésil parce que c’est le premier amour.  Dans cet ordre. Toutes à la maison. Qui donc supporter maintenant pour continuer à vibrer et pas seulement à regarder ? Le parti pris pour les nations africaines prend les allures d’un masochisme sophistiqué. Après le Senegal-Belgique je m’étais juré de ne pas m’y laisser reprendre. Trop dur. Et puis il y a eu pire. Egypte-Argentine. Désespérant. Il est pourtant tellement plus apaisant de regarder un match de football en observateur distant. Et indifférent au résultat. Comme pour le Colombie-Suisse qui a succédé au drame pharaonique.

Mais les « clubarts » passionnés du football le savent. L’expérience est tellement plus gratifiante lorsqu’on choisi un camp. Au risque de se retrouver mortifié dans la peau d’un sénégalais ou d’un égyptien ? Peut être pas à ce point, mais tout de même.

Soutenir une équipe ou une Nation ?

Qui donc supporter sur ce panel du top 8 ? Mieux vaut s’enfermer en séminaire  et réfléchir méthodiquement. Critère technique ou critère ethno-politique ? Cela ne donne pas du tout la même chose. La sagesse dit ceci : ce n’est que tu sport, un exercice esthétique et moral. Que le plus méritant l’emporte. Oui mais cela ne clos jamais la délibération. Illustration ? L’Espagne développe le meilleur jeu de possession et de déséquilibre offensif –  ce que j’aime dans le football. Elle peut être éliminée par la Belgique au bout d’un match de résistance en bloc bas et en transitions rapides et concluantes. Et certains diront- les critères étant changeant – que la Belgique méritait de gagner, alors qu’on aura peut être surtout vu Courtois en ultime muraille. « Que le meilleur gagne »  est une « punch line » d’abstentionniste. Pour ne pas dire de planqués. Et puis soyons francs. Si on devait ne retenir que le critère technique pour choisir, l’équipe qui emporterait les suffrages serait bien la France avec ses quatre fantastiques devant.

Or, j’ai beau me raisonner en me disant que le panache doit être récompensé dans le jeu, j’ai du mal à  me voir supporter la France. A commencer déjà par la France face à un pays maghrébin, le Maroc, ce jeudi. Et voila la bascule opérée. Au fond, ce n’est pas vraiment  une équipe que l’on chercherait à soutenir, mais une Nation. Immergés malgré nous dans le criterium ethno-politique.

Le Maroc, oui mais ….

Au café Bouchelaghem ouvert H24 à Benyounes près de Zemmouri, le « public » a célébré chacun des trois buts du Maroc face au Canada en huitièmes de finale. Ce sera sans doute le cas ce jeudi soir si le Maroc faisait mieux que lors de la demi finale de 2022 face à cette même France. Une fois poussé un peu, le soutien à une Nation est un piège. Il pose toujours le même problème depuis toujours.

Dans la Nation, il y a le peuple et il y a le régime de pouvoir. Le succès, la promotion vers un statu supérieur de Nation du football, fait danser le peuple, et profite, en même temps, au régime en place qu’ils contribuent parfois à légitimer. Surtout si sa longévité ne dépend pas des urnes. Alors forcément dans le cas d’une demi finale Maroc-Espagne, il faudra faire tourner des modèles d’IA pour savoir qui mérite le plus d’être supporter en traitant tous les critères y compris ceux, inévitables de la sympathie pour le Barça ( Yamal) ou du Real (Diaz) et bien sur du soutien des pouvoirs à la Palestine ou à Israël.

L’Argentine a un président d’extrême droite

Dans mon cas, j’avais trouvé une base de repli en 2022. Le GOAT Messi ne pouvait pas partir sans un titre majeur. Soutien sans réserve après les quart de finales. Cette fois ce n’est plus du tout évident.

L’Argentine a un président d’extrême droite et le racisme anti-noir banal dans l’opinion m’est devenu pesant. Alors je me dit que dans un monde d’hyper nationalisme souverainiste dangereux, il serait bon qu’une fédération qui s’est choisi un sélectionneur étranger soit couronnée cette fois. J’ai regardé. Il n’ y a que l’Angleterre et la Belgique qui sont dans ce cas.

Mention spéciale pour la fédération anglaise. Elle a choisi un allemand, Tuchel, pour diriger la sélection aux Trois Lions.  Ce serait un peu comme si dans vingt ans l’Algérie prenait un sélectionneur Marocain à sa tête. Ou l’inverse. Un beau message d’espoir en l’humanité hors Infantino.

ÉTIQUETTES :
Partager cet article