Coupures d’électricité et manque d’eau, la saison estivale tourne au ralenti à Tigzirt

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la grande plage de la ville côtière Tigzirt

Plus de six semaines après le lancement officiel de la saison estivale, Tigzirt tente d’attirer les vacanciers. Cette station balnéaire de la wilaya de Tizi Ouzou reste l’une des destinations les plus appréciées du littoral algérien. Pourtant, derrière les plages animées en soirée, les commerçants et plusieurs estivants dressent un constat moins encourageant.

Jeudi, lors d’une virée sur la grande plage de Tigzirt, le contraste était frappant. Les soirées restent relativement fréquentées, mais les journées, notamment en semaine, tournent au ralenti. Entre les coupures d’électricité, les chutes de tension, le manque d’eau potable et la canicule, de nombreux professionnels affirment que cette saison est loin de ressembler aux précédentes.

« Une famille a quitté Tigzirt après avoir annulé ses vacances »

À l’entrée de la grande plage, un commerçant ne cache pas son inquiétude. Il explique que les coupures d’électricité bouleversent complètement son activité.

« Hier, une famille qui est cliente chez moi avait programmé un séjour de dix jours à Tigzirt. À cause des coupures d’électricité, des chutes de tension et du manque d’eau potable, elle a finalement annulé son séjour et est partie à Béjaïa », raconte-t-il.

Selon lui, les interruptions d’électricité se répètent toutes les vingt à trente minutes à partir de midi.

« Je travaille avec un groupe électrogène, mais aujourd’hui je n’ai même plus d’essence. Les clients demandent de l’eau fraîche, des boissons froides ou des glaces, mais nous sommes incapables de répondre à leurs attentes. Je fais mille calculs pour remplir les réfrigérateurs et limiter les pertes », ajoute-t-il.

À quelques mètres de là, un vendeur de brioches qui effectue des allers-retours sur la plage observe lui aussi une baisse de fréquentation.

« Je travaille ici depuis cinq années consécutives. Cette saison, il y a clairement moins d’estivants. Ce n’est pas comparable avec l’année dernière », affirme-t-il.

Les commerçants misent désormais sur les groupes électrogènes

Dans une cafétéria située près de la plage, le constat est le même. Le propriétaire estime que les groupes électrogènes deviennent indispensables pour poursuivre l’activité.

« Aujourd’hui, pour travailler normalement, on est obligé d’acheter un groupe électrogène. C’est devenu une nécessité », explique-t-il.

Avec ses trois réfrigérateurs et son présentoir, il dit ne plus pouvoir garantir des boissons fraîches pendant les heures les plus chaudes.

« Le climatiseur fonctionne rarement. Les chutes de tension sont devenues tellement fréquentes que même nos équipements risquent de tomber en panne. Sans groupe électrogène, il devient très difficile de travailler correctement », poursuit-il.

Les professionnels interrogés assurent que cette situation ne touche pas uniquement les commerces de restauration. Plusieurs activités installées le long du front de mer fonctionnent désormais au ralenti, dans l’attente d’un retour à une alimentation électrique plus stable.

Des vacanciers partagés entre le charme de Tigzirt et les difficultés du quotidien

Tous les estivants ne dressent toutefois pas un constat négatif. Installé sous un parasol avec sa famille, un vacancier venu passer une semaine à Tigzirt reconnaît les difficultés rencontrées ces derniers jours, tout en affirmant qu’il reste attaché à cette destination.

« Cela fait plusieurs années que je choisis Tigzirt pour mes vacances. J’aime beaucoup cette ville. C’est vrai qu’il y a des coupures d’électricité et des problèmes d’eau potable à cause de la forte chaleur, mais malgré tout je trouve l’endroit agréable et calme. Je suis vraiment satisfait de la semaine que j’ai passée ici », confie-t-il.

Il remarque cependant que les plages n’ont pas retrouvé l’affluence qui faisait autrefois la réputation de cette station balnéaire.

« On voit bien qu’il y a moins de monde sur le sable. Les plages sont loin de l’ambiance des saisons précédentes », observe-t-il.

Quelques centaines de mètres plus loin, près du port de Tigzirt, un autre détail attire l’attention. Le parking, habituellement saturé durant l’été, reste presque vide en pleine journée.

Le gérant s’approche rapidement des rares automobilistes pour leur remettre leur ticket.

« Aujourd’hui, le parking est souvent vide. En journée, il n’y a parfois pas plus de cinq voitures stationnées. L’affluence revient surtout le soir et durant les week-ends », explique-t-il.

Pour plusieurs commerçants, cette baisse de fréquentation est directement liée aux températures élevées, mais aussi aux perturbations répétées des réseaux d’électricité et d’eau potable qui compliquent le séjour des visiteurs.

Une saison qui peut encore évoluer

Malgré ces difficultés, les professionnels gardent un certain espoir pour les semaines à venir. La saison estivale est encore loin d’être terminée et plusieurs familles n’ont pas encore pris leurs congés.

Les prévisions météorologiques annoncent d’ailleurs une baisse progressive des températures à partir de la semaine prochaine. Une évolution qui pourrait rendre les journées plus agréables et encourager davantage de vacanciers à revenir sur les plages de Tigzirt.

Pour les commerçants, cette accalmie pourrait offrir un second souffle à une saison qui peine encore à décoller. D’autres restent plus prudents. Ils estiment que la fin de la canicule pourrait aussi pousser une partie des estivants à choisir d’autres destinations ou à écourter leurs vacances en bord de mer.

Une chose est sûre : à Tigzirt, les prochaines semaines seront déterminantes. Entre la baisse attendue des températures, l’amélioration espérée de la distribution d’électricité et d’eau potable et le retour des vacanciers en août, les commerçants espèrent encore sauver une partie d’une saison qui, jusqu’à présent, n’a pas répondu à leurs attentes.

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