En seulement deux semaines, l’Algérie a expédié 93 000 tonnes d’acier vers l’Europe et l’Amérique latine. Un chiffre inédit qui marque un tournant décisif dans la stratégie de diversification économique du pays.
Du 1er au 14 avril 2026, l’Algérie a réalisé un exploit industriel. En l’espace de quatorze jours, le pays a exporté pas moins de 93 000 tonnes de produits sidérurgiques vers plusieurs marchés internationaux. Parmi les destinations européennes : l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni et la Belgique. Mais aussi, fait marquant, la République dominicaine, en Amérique latine. Ce volume constitue un record national en matière d’exportation hors hydrocarbures.
Deux entreprises ont porté cette dynamique. D’un côté, le géant turc Tosyali Algérie, implanté à Oran. De l’autre, la Société Algéro-Qatarie de l’Acier (AQS), installée dans la zone industrielle de Bellara, à Jijel. Ensemble, elles ont mobilisé six ports nationaux pour acheminer leurs cargaisons.
Port par port, une logistique nationale en ordre de marche
1er avril — Port d’Arzew, Port d’Oran et Port de Mostaganem. Tosyali Algérie donne le coup d’envoi. Quatre cargaisons quittent simultanément ces trois ports de l’ouest algérien. Au total, 26 500 tonnes de produits sidérurgiques partent vers quatre marchés européens : 10 000 tonnes de brames vers l’Italie depuis Arzew, 5 000 tonnes de laminés à chaud vers l’Espagne depuis Oran, 4 500 tonnes de ronds à béton vers le Royaume-Uni, et 7 000 tonnes du même produit vers la Belgique depuis Mostaganem.
5 avril — Port de Béjaïa. Le port de Béjaïa s’inscrit dans cette dynamique. Il enregistre sa première opération d’exportation de rond à béton, avec plus de 8 000 tonnes chargées à bord du MV Swan. L’entreprise portuaire salue « une fierté pour l’industrie algérienne » et la valorisation du Made in Bladi sur les marchés internationaux.
8 avril — Port d’Annaba. AQS frappe fort depuis Annaba. Le port entame le chargement de 22 000 tonnes de billettes d’acier à destination du marché italien, produites par la Société Algéro-Qatarie de l’Acier implantée à Bellara, dans la wilaya de Jijel.
8 avril — Port de Skikda. Le même jour, Skikda expédie deux produits distincts : 7 500 tonnes de fil machine vers la Belgique, ainsi que 5 500 tonnes de noyaux d’olive vers l’Italie. L’entreprise portuaire souligne l’ambition de diversification des exports industriels algériens.
Port de Djen Djen. Le port de Jijel participe également à cet effort collectif, en assurant le transit de cargaisons de produits sidérurgiques, notamment à destination de la République dominicaine, première incursion de l’acier algérien en Amérique latine.
Un signal fort pour la sidérurgie algérienne
Ces 93 000 tonnes exportées en quatorze jours ne sont pas le fruit du hasard. Elles illustrent, en effet, la montée en puissance d’une filière longtemps jugée secondaire. La sidérurgie nationale produit désormais des volumes suffisants pour alimenter des marchés exigeants, des deux côtés de l’Atlantique.
Par ailleurs, cette performance démontre la capacité des infrastructures portuaires algériennes à soutenir des flux d’exportation complexes. Six ports mobilisés simultanément — Arzew, Oran, Mostaganem, Béjaïa, Skikda, Djen Djen et Annaba — plusieurs types de produits expédiés, plusieurs pays destinataires : la logistique a tenu ses engagements.
Ainsi, l’Algérie affiche clairement ses ambitions. Elle entend s’imposer comme un grand producteur et exportateur d’acier à l’échelle mondiale. Portée par des investissements structurants et une montée en capacité des unités de production, l’industrie sidérurgique nationale affiche des perspectives de croissance solides.


