Le pavillon Union de la Safex, aux Pins Maritimes, vibre au rythme du salon TexStyle Expo. Dans les allées, les entreprises turques et chinoises occupent une place imposante. Pourtant, une entreprise nationale réussit à se distinguer par son audace et son savoir-faire. Il s’agit de la Sarl Fibrotexal Basée à Sétif, alors que l’Algérie reste très dépendante de l’importation dans ce secteur, cette société fait le chemin inverse, elle exporte sa production, et ce, jusqu’en Chine.
Fibrotexal : transformer un produit jeté en une richesse nationale
Le stand de Fibrotexal marque les esprits avec l’exposition de matériaux artisanaux, rappelant ceux utilisés autrefois pour la fabrication des burnous. L’entreprise s’est spécialisée dans la collecte et la transformation de la laine de mouton. Monsieur Kaabeche Fateh, représentant de l’entreprise, explique leur réseau de distribution : « On a plusieurs fournisseurs de toutes les wilayas, on a deux autres concurrents qui font la même activité que nous en Algérie ».
Fondée en 2010 dans la zone d’activité Salah Bey de Sétif, l’entreprise suit un modèle précis. « Notre modèle s’accentue sur trois axes, se rapprocher auprès de producteurs, avoir un contrôle complet dans l’industrialisation et sans négliger notre rôle écologique », précise Monsieur Kaabeche. Cette approche permet de sauver une matière qui, auparavant, finissait souvent à la poubelle. « Notre activité est souvent marginalisée. Nous assurons des solutions aux éleveurs pour commercialiser la laine qui était avant jetée », ajoute-t-il.
Le marché chinois : une destination clé pour la laine algérienne
L’une des plus grandes réussites de Fibrotexal est d’avoir convaincu les acheteurs internationaux. Le marché chinois, très exigeant, est devenu un client régulier. Selon Monsieur Kaabeche, la demande est constante : « Le marché chinois est très attiré par nos produits puisque il suffit juste d’avoir une matière première pour sa commercialisation, ce n’est jamais un problème ».
La chaîne de transformation est complète. L’entreprise assure le tri, le lavage, le cardage et le filage de la laine. Ce processus industriel permet de fournir une matière première écologique et naturelle aux industriels et aux artisans locaux, mais aussi d’alimenter l’exportation. Les chiffres avancés par le responsable témoignent de cette dynamique : « On exporte 3 500 000 kg par an, environ quatre à cinq conteneurs chauque mois ».
Cette initiative montre qu’avec une bonne organisation, l’industrie textile algérienne peut s’imposer à l’étranger. Fibrotexal ne se contente pas de produire, elle valorise le patrimoine naturel national et transforme un déchet en une source de devises importante pour le pays.


