Baladna a signé jeudi à Alger un deuxième lot de contrats pour son complexe laitier d’Adrar, portant le total des engagements à plus de 1,135 milliard de dollars sur un projet global de 3,5 milliards.
Un pont aérien de vaches laitières depuis neuf États américains. L’image dit assez l’ampleur industrielle du projet que le groupe qatari Baladna Food Industries est en train d’ancrer dans le Sahara algérien. Jeudi, au Centre international des conférences Abdellatif Rahal d’Alger, le deuxième lot de contrats du programme agroalimentaire intégré a été signé pour un montant global dépassant 635 millions de dollars, portant les engagements contractuels cumulés à plus de 1,135 milliard de dollars, après les 500 millions signés en juillet 2025.
La cérémonie s’est tenue en présence du ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine Oualid, et de l’ambassadeur du Qatar en Algérie, Abdelaziz Ali Al Naama. Le management exécutif de Baladna était représenté par Marek Warzywoda, directeur général du groupe, Paul Kenny et Saifullah Khan, directeur financier.
Le cheptel, pièce maîtresse du dispositif
Les contrats signés jeudi couvrent les travaux de génie civil, la construction d’une usine de béton, les infrastructures de services et d’hébergement, ainsi que la constitution du cheptel. C’est ce dernier volet qui concentre la singularité logistique de l’opération. À partir de novembre 2026, 30 000 vaches laitières seront acheminées depuis neuf États américains par voie aérienne, sur une durée de dix mois. Le transport aérien a été retenu pour des raisons sanitaires et pour réduire les délais inhérents au fret maritime.
Le projet total s’élève à 3,5 milliards de dollars et repose sur un partenariat entre Baladna, actionnaire majoritaire à 51 %, et le Fonds national d’investissement (FNI), qui détient les 49 % restants. Le site retenu est une concession de 117 000 hectares dans la wilaya d’Adrar, à l’extrême sud du pays. L’Algérie importe actuellement pour quelque 800 millions de dollars de produits laitiers chaque année, selon les données du département américain de l’Agriculture (USDA). Le complexe est dimensionné pour en couvrir la moitié, avec une production cible de 194 000 tonnes de lait en poudre par an et 5 000 emplois directs à la clé.
50 % des besoins nationaux
Baladna transpose à Adrar le modèle qu’elle a développé au Qatar, où ses fermes hébergent 25 000 vaches et couvrent 85 % de la demande domestique en produits laitiers frais. Ce déploiement au Qatar avait été accéléré par le blocus imposé à l’émirat par ses voisins du Golfe entre 2017 et 2021, qui avait contraint Doha à une souveraineté alimentaire d’urgence. L’Algérie suit une logique similaire, mais à une échelle et dans un délai qui n’ont guère d’équivalent dans la région.
Le premier lot de contrats, signé en juillet 2025, avait posé les bases du programme. Le calendrier prévoit un démarrage des importations de bétail en novembre 2026. La date de mise en production industrielle du complexe d’Adrar n’a pas été précisée à l’issue de la cérémonie de jeudi.


