Huile d’olive Dahbia : Avec 48 médailles, l’Algérien Hakim Alileche vise l’écotourisme à Djelfa — Entretien

Huile d’olive Dahbia : Avec 48 médailles, l’Algérien Hakim Alileche vise l’écotourisme à Djelfa — Entretien
Hakim Allileche

Ancien professionnel de l’industrie des arts graphiques, Hakim Alileche est natif de la région des Ouadhias, dans la wilaya de Tizi Ouzou. Père de cinq enfants et âgé de 53 ans, il s’est lancé il y a plus de deux décennies dans l’oléiculture.

Participant à plusieurs séminaires sur la culture oléicole et membre permanent du Conseil oléicole international à Madrid, il dirige aujourd’hui une exploitation reconnue à l’international. Sa marque d’huile d’olive Dahbia vient d’ailleurs de décrocher une nouvelle médaille d’argent au prestigieux concours de New York. Dans cet entretien accordé à Maghreb Émergent, il revient sur son parcours, sa méthode de production et ses projets.

Une histoire qui a commencé il y a 24 ans

Votre huile d’olive Dahbia vient encore d’être distinguée à l’international. Avant d’évoquer ce nouveau prix, pouvez-vous revenir sur les débuts de cette aventure et nous présenter votre entreprise ainsi que la philosophie qui guide votre production ?

Hakim Alileche: Cela fait 24 ans que je me suis installé ici. Au départ, j’ai acheté des terres et je les ai mises en valeur. Depuis, chaque année, j’implante progressivement de nouveaux oliviers. Aujourd’hui, nous avons 20 000 oliviers, dont 80 % sont en production.

Au début, on laisse volontairement les oliviers souffrir un peu pour qu’ils s’adaptent au climat. L’objectif est d’éviter d’avoir des plantations fragiles. Les arbres deviennent ainsi plus robustes et plus résistants.

Ensuite, nous avons installé une irrigation d’appoint sur 40 hectares, avec un système de goutte-à-goutte. Avec cette méthode, les arbres sont plus forts face aux maladies. Même si nous ne rencontrons pas beaucoup de problèmes de ce côté, nous utilisons tout de même quelques traitements écologiques, et cela fonctionne très bien avec nos oliviers.

Notre exploitation est entièrement en culture biologique. Nous n’utilisons ni pesticides, ni engrais chimiques, ni désherbants, ni fertilisants. Nous travaillons uniquement avec des moyens naturels.

Avec le temps, une véritable biodiversité s’est installée sur le domaine. On y trouve des renards, des sangliers, des chacals, mais aussi de nombreuses espèces d’oiseaux, des tortues et des hérissons. C’est quelque chose de vraiment agréable à voir. Grâce à cette démarche, notre huile est aujourd’hui présente sur la plateforme Amazon, notamment en Amérique du Nord et en Europe. Nous visons surtout le marché premium, le marché de luxe. Nous travaillons également avec des exportateurs qui distribuent notre huile vers le Moyen-Orient et l’Europe.

« La médaille de New York nous donne une visibilité mondiale »

Votre huile d’olive a récemment remporté une nouvelle distinction au concours de New York, l’un des plus prestigieux au monde. Que représente ce prix pour vous et pour l’huile d’olive algérienne sur la scène internationale ?

H.A: La dernière médaille obtenue à New York est très importante pour nous. Ce concours est très exigeant. C’est le deuxième concours le plus important au monde, juste après le grand prix Mario Solinas, auquel nous allons peut-être participer cette année.

Cette médaille d’argent nous apporte une vraie visibilité à l’international. Aujourd’hui, nous sommes référencés dans le top 100 mondial, ce qui est une très bonne chose pour notre marque, mais aussi pour l’huile d’olive algérienne de manière générale.

C’est aussi la deuxième médaille que nous obtenons cette année. Il y a environ 20 jours, nous avions déjà remporté une médaille d’or à Abu Dhabi. Au total, notre marque compte aujourd’hui 48 médailles internationales, dont la majorité sont des médailles d’or. Nous avons également obtenu deux distinctions Platinum.

L’année dernière, lors d’un concours national réunissant 145 participants, nous avons obtenu la première place au niveau national. Mais la distinction qui m’a le plus marqué reste celle que j’ai reçue du président de la République lors des Assises nationales sur l’agriculture en 2023. C’était un moment très fort pour moi.

« Notre huile contient 628 mg de polyphénols par litre »

Ces 48 médailles confirment la qualité de votre produit. Y a-t-il un secret derrière ces résultats ? Votre méthode de travail est-elle différente ?

H.A: Toute notre exploitation est certifiée biologique AB par Ecocert, et nous disposons aussi de la certification américaine USDA. Nous travaillons uniquement avec nos propres olives. La récolte est précoce, ce qui permet de préserver les qualités nutritionnelles de l’huile. Nous avons également notre propre moulin sur place, ce qui nous permet de maîtriser toute la chaîne de production et d’assurer une traçabilité totale. Notre objectif est de produire une huile riche en polyphénols, qui sont des antioxydants naturels très bénéfiques pour la santé.

Selon les analyses réalisées par un laboratoire spécialisé, notre huile contient 628 milligrammes de polyphénols par litre. C’est un niveau très élevé. À titre de comparaison, la norme internationale considère déjà comme exceptionnelle une huile située entre 300 et 500 mg par litre. Cela signifie que notre huile est classée parmi les huiles d’olive d’exception au niveau international.

Un autre point important : nous ne stockons jamais les olives longtemps. Au maximum deux heures après la récolte, elles sont déjà au moulin. Cela permet de préserver la fraîcheur de l’huile et sa qualité supérieure.

Un projet d’écotourisme au cœur des oliveraies

Après ces succès, quels sont vos projets pour les prochaines années ?

H.A : Nous voulons d’abord agrandir l’exploitation, notamment ici à Djelfa, avec de nouvelles parcelles. La demande pour notre huile est de plus en plus forte.

Mais nous avons aussi un autre projet. Nous organisons régulièrement des portes ouvertes pour les visiteurs. Beaucoup de personnes viennent découvrir l’exploitation. Nous leur proposons des visites des oliveraies, de la récolte et du moulin.

Les visiteurs apprécient beaucoup cette expérience. Certains nous ont même demandé s’il était possible de séjourner sur place, car ils sont impressionnés par le climat ici, surtout au printemps et en automne, mais aussi en hiver.

C’est pour cela que nous avons décidé de lancer un projet de maison d’hôtes. Nous voulons construire, avec nos propres moyens, une petite structure comprenant un restaurant et une dizaine de chambres. L’établissement pourra accueillir environ une trentaine de visiteurs. Si tout se passe bien, il devrait être opérationnel dès la prochaine saison.

Notre objectif est de développer un projet d’écotourisme autour de l’olivier, à partir de cette ferme-auberge, avec des séjours organisés sur réservation. Nous voulons accueillir des familles, mais aussi des touristes étrangers, qui pourront découvrir à la fois l’oléiculture et la vie agricole. Bien sûr, nous allons engager les démarches pour obtenir toutes les autorisations nécessaires.

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