L’Autorité de régulation de la poste et des communications électroniques (ARPCE) vient de franchir un cap décisif dans le déploiement de la connectivité satellitaire de nouvelle génération en Algérie. L’instance de régulation a procédé à l’ouverture des plis relatifs à l’appel à la concurrence n°01/2026, engagé au printemps dernier pour l’attribution de deux licences d’établissement et d’exploitation de réseaux de communications électroniques ouverts au public par satellites en orbite non géostationnaire (NGSO).
Cette opération marque le passage officiel à une phase d’évaluation technique et financière des dossiers déposés, préalable indispensable avant la désignation finale des deux opérateurs retenus pour opérer sur le marché national.
Dans la procédure administrative, l’ouverture des plis constitue la clôture formelle de la période de soumission des candidatures. Elle vise à enregistrer et vérifier la conformité des offres reçues avant leur examen approfondi par la commission spécialisée de l’ARPCE. Cette étape ne signifie pas que les autorisations d’exploitation ont déjà été accordées, mais elle engage le processus d’arbitrage qui permettra d’identifier les acteurs technologiques et financiers les plus solides pour porter ces nouvelles infrastructures en Algérie.
ARPCE veut une couverture performante
Le choix stratégique de la technologie NGSO répond à des enjeux majeurs de couverture et de performance. Contrairement aux satellites géostationnaires traditionnels positionnés à 36 000 kilomètres d’altitude, les constellations NGSO évoluent en orbite basse, généralement situées entre 500 et 1 200 kilomètres. Cette proximité permet d’offrir des connexions à très haut débit tout en réduisant considérablement la latence.
Pour le paysage télécom algérien, ces infrastructures représentent une solution complémentaire d’envergure pour connecter les zones d’ombre, désenclaver le Grand Sud et répondre aux besoins de connectivité des sites industriels ou économiques isolés, là où l’extension de la fibre optique et des réseaux mobiles terrestres demeure plus complexe.
Engagée en avril 2026, cette mise en concurrence s’inscrit dans un cadre juridique précis, conformément aux dispositions de la loi n°18-04 du 10 mai 2018 relative à la poste et aux communications électroniques et à l’arrêté du 6 avril 2026. La réglementation avait ouvert le retrait des dossiers de consultation au siège de l’autorité à Hussein Dey du 9 au 19 avril 2026, sous réserve du paiement d’un montant d’un million de dinars.
L’appel ciblait deux profils d’acteurs distincts : les opérateurs déjà titulaires d’une licence de type VSAT en Algérie d’une part, et les entreprises internationales disposant d’une constellation satellitaire NGSO à couverture mondiale d’autre part. L’issue de cet examen déterminera les futurs partenaires retenus pour moderniser l’accès au très haut débit satellitaire dans le pays.


