Lors du Conseil des ministres réuni ce dimanche 4 octobre 2026, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a ordonné l’intégration de nouvelles augmentations de salaires dans le projet de loi de finances (PLF) 2027. Cette décision concrétise les engagements du chef de l’État en matière de protection du pouvoir d’achat des ménages algériens.
Réuni pour examiner plusieurs dossiers stratégiques — dont le projet de loi de finances 2027, les grands projets ferroviaires vers le Grand Sud et la campagne céréalière —, le Conseil des ministres s’est achevé sur une annonce très attendue par les travailleurs. Le chef de l’État a donné des directives strictes au gouvernement pour que les revalorisations salariales promises soient effectivement budgétisées pour l’exercice 2027, tout en bannissant toute nouvelle taxe susceptible d’impacter les classes moyennes et les ménages à faibles revenus.
L’instruction présidentielle s’inscrit dans la continuité de la politique sociale de l’État visant à soutenir la capacité financière des citoyens face aux tensions inflationnistes. En demandant l’intégration explicite de ces revalorisations salariales dans le PLF 2027, le président Tebboune réaffirme son engagement à poursuivre le processus d’augmentation graduelle des revenus engagé ces dernières années.
Cette orientation va de pair avec la neutralité fiscale ordonnée par la présidence. Le gouvernement a reçu instruction de n’introduire aucun impôt ni taxe supplémentaire pouvant détériorer le niveau de vie des ménages, sécurisant ainsi l’impact positif net des futures revalorisations salariales.
Fonction publique et secteur public : les seuls bénéficiaires directs
Sur le plan opérationnel et juridique, ces augmentations de salaires ordonnées par le président de la République s’adressent exclusivement aux employés de la fonction publique et du secteur public économique. Financées par le budget de l’État, ces revalorisations touchent directement les fonctionnaires des différents ministères, des collectivités locales ainsi que le personnel des entreprises publiques.
Les agents du secteur public bénéficient ainsi du levier direct de la grille indiciaire et des décisions budgétaires nationales arrêtées par la loi de finances.
Pourquoi le secteur privé n’est pas concerné par ces augmentations ?
Contrairement aux attentes de nombreux salariés, les travailleurs du secteur privé ne sont pas directement visés par ces revalorisations décrétées en Conseil des ministres. En Algérie, le cadre réglementaire ne dispose d’aucun mécanisme juridique contraignant les employeurs privés à appliquer des augmentations de salaires alignées sur celles décidées par l’État pour le secteur public.
La seule obligation légale imposée aux entreprises privées réside dans le respect du Salaire national minimum garanti (SNMG), actuellement fixé à 20 000 dinars (ou revalorisé selon les dispositions légales en vigueur). En dehors du respect de ce plancher salarial obligatoire, il n’existe pas de dispositif d’indexation automatique ni de mécanisme d’augmentation régulière imposé au patronat privé. Les revalorisations dans le secteur privé demeurent donc strictement tributaires des négociations internes, des conventions collectives d’entreprise ou de la volonté unilatérale des employeurs.


