Un nouveau mouvement managérial vient de s’opérer à la tête de la Caisse Nationale d’Épargne et de Prévoyance (CNEP-Banque) avec la désignation de Kahina Boughedir. Ancienne cadre du Crédit Populaire d’Algérie (CPA), elle avait rejoint la CNEP sous l’ère de Rachid Metref en tant que directrice du Financement des Entreprises (DFE), avant de prendre les rênes d’El Djazair Idjar, filiale de leasing détenue par le CPA et la BADR.
Au-delà du profil de la promue, cette nomination consacre surtout le retour de la tutelle au système de Président-Directeur Général (P-DG). Ce choix technique enterre de fait l’expérience du bicéphalisme (séparation des postes de Directeur Général et de Président du Conseil d’Administration) introduite par la réforme de 2021. Un revirement pragmatique qui acte l’échec d’une formule ayant généré d’incessants conflits de prérogatives et une lourdeur bureaucratique préjudiciable à la réactivité d’une institution financière majeure, croulant sous d’importantes liquidités mais historiquement frileuse.
Une féminisation homéopathique face au défi de l’efficacité
Cette promotion s’inscrit dans un mouvement lent mais progressif de féminisation des instances de gouvernance du secteur financier algérien. Elle rappelle d’autres nominations emblématiques à de hauts postes de responsabilité, à l’instar d’Amel Selmoun à la direction générale de la Bourse d’Alger (SGBV) ou, plus historiquement, de Houria Bouhired à la BADR.
Si l’accès des femmes aux cercles décisionnels est souvent perçu comme un gage de transparence et de moralisation des affaires dans un environnement économique en quête de repères éthiques, cette tendance peine encore à faire la démonstration de son efficacité purement macroéconomique. Le management au féminin reste confronté aux mêmes pesanteurs structurelles que son pendant masculin, sans apporter de preuve probante d’une plus grande indépendance vis-à-vis des orientations rentières.
À cet égard, le bilan particulièrement discret de Mme Boughedir à la direction d’El Djazair Idjar illustre une gestion prudente mais sans relief, s’alignant sur l’immobilisme de ses prédécesseurs. Reste à savoir si son retour à la CNEP saura briser cette passivité réglementaire.


