La Mauritanie et la Banque mondiale ont convenu d’étendre le champ d’intervention du Programme régional d’intégration numérique en Afrique de l’Ouest (WARDIP) afin d’y intégrer des projets liés à l’intelligence artificielle (IA), selon une annonce des autorités mauritaniennes publiée mardi 8 juin.
Cette évolution ne correspond pas au lancement d’un nouveau mécanisme de financement, mais à une réorientation partielle d’un programme déjà opérationnel dans le pays. Les discussions portent sur la mobilisation de ressources additionnelles permettant d’inclure le développement d’infrastructures de données, la formation de compétences spécialisées et la création d’applications d’intelligence artificielle dans plusieurs secteurs économiques.
L’accord a été évoqué lors d’une réunion entre le ministre mauritanien chargé du numérique, Ahmed Salem Bede, et une délégation de la Banque mondiale conduite par Michel Rogy, directeur régional du numérique et de l’intelligence artificielle pour l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie du Sud.
Un programme déjà doté de 60 millions de dollars en Mauritanie
Lancé en novembre 2023, le WARDIP vise à accélérer l’intégration numérique régionale à travers le développement des infrastructures haut débit, des services financiers numériques et des plateformes d’administration électronique.
Le programme disposait initialement d’un financement global de 266,5 millions de dollars couvrant plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. La composante mauritanienne, dotée de 60 millions de dollars, est entrée en phase de mise en œuvre en 2024.
En mars 2026, une seconde opération de 137 millions de dollars a permis d’étendre le dispositif au Bénin, au Liberia et à la Sierra Leone. Jusqu’à présent, aucune composante structurée dédiée à l’intelligence artificielle n’était prévue dans l’architecture du programme.
L’IA gagne du terrain dans les projets de développement numérique
L’intégration annoncée de l’intelligence artificielle traduit l’évolution des priorités des bailleurs de fonds internationaux dans le domaine du numérique. Après avoir concentré leurs investissements sur la connectivité et la digitalisation des services publics, les institutions de développement s’intéressent désormais aux infrastructures de données et aux capacités technologiques nécessaires à l’essor de l’IA.
Pour la Mauritanie, cette extension pourrait permettre de valoriser les investissements déjà engagés dans le cadre du WARDIP en ouvrant la voie à de nouveaux usages numériques dans l’administration, les services financiers, l’agriculture ou encore l’éducation.
L’ampleur du financement additionnel envisagé n’a toutefois pas été précisée à ce stade par les autorités mauritaniennes ni par la Banque mondiale.

