La Banque mondiale a approuvé un financement de 240 millions de dollars (plus de 208 millions d’euros) pour le lancement de la première phase du programme régional WACA+, destiné à renforcer la résilience des zones côtières en Afrique de l’Ouest, notamment au Bénin et en Mauritanie.
Ce programme vise à faire face à l’érosion côtière et aux risques d’inondation, tout en soutenant le développement de l’économie bleue, devenue un levier stratégique pour les économies littorales. Il repose sur un mix de financements publics, de fonds spécialisés et d’investissements privés, ciblant des secteurs clés comme la pêche, l’aquaculture, le tourisme et les services portuaires.
Des enjeux majeurs pour Nouakchott
En Mauritanie, les investissements concerneront en priorité la protection de Nouakchott. Le renforcement de la barrière dunaire apparaît essentiel pour limiter les risques d’inondation dans une capitale particulièrement exposée, sous l’effet de la montée du niveau de la mer et d’une urbanisation rapide.
D’après les projections de la Banque mondiale, l’absence de mesures d’adaptation pourrait entraîner d’ici 2050 une contraction du PIB mauritanien, liée notamment aux inondations, à l’élévation du niveau de la mer et aux sécheresses.
Un appui structurant pour le secteur privé
Le programme WACA+ accorde une place importante au développement du secteur privé. En Mauritanie, une garantie de crédit partielle devrait permettre de mobiliser jusqu’à 20 millions de dollars de financements supplémentaires pour les entreprises de transformation du poisson.
Des dispositifs d’accompagnement, de formation et d’assistance technique sont également prévus pour les PME, les coopératives et les organisations de producteurs, avec une attention particulière aux jeunes et aux femmes. À l’horizon 2031, plus de 31 000 personnes devraient bénéficier de ces mesures, tandis qu’environ 13 000 emplois sont attendus dans les filières de l’économie bleue.
Une réponse régionale aux défis climatiques
Au-delà des projets nationaux, le programme s’inscrit dans une logique de coopération régionale face à des défis climatiques transfrontaliers. Il ambitionne de renforcer la résilience des populations côtières, de protéger les écosystèmes et de soutenir durablement l’activité économique.
Pour la Mauritanie, cette initiative constitue ainsi une opportunité stratégique pour sécuriser ses infrastructures côtières tout en développant une économie bleue créatrice de valeur et d’emplois.

