La transition vers le nouveau mode de versement de l’allocation touristique s’accélère. Réunis dimanche au siège de la Banque d’Algérie, les représentants des établissements bancaires ont reçu des consignes précises de la part du gouverneur Mohamed Lamine Labou : accélérer sans délai la délivrance des cartes de paiement internationales destinées aux citoyens éligibles au droit de change pour voyage.
Cette mise au point intervient huit jours seulement après la décision du Conseil des ministres de mettre fin au retrait en espèces de cette allocation. Un communiqué diffusé par l’institution monétaire confirme que les banques ont été formellement invitées à simplifier et raccourcir les procédures de délivrance de ces cartes, alors que la demande grimpe en pleine saison des départs.
Une réforme qui inquiétait les futurs voyageurs
Le nouveau dispositif, validé lors du dernier Conseil des ministres, prévoit que les 750 euros annuels attribués à chaque adulte éligible transiteront désormais par un compte en devises adossé à une carte internationale, plutôt que d’être remis directement en liquide au guichet. Si l’intention de modernisation a été globalement bien reçue, elle a aussi fait naître une inquiétude concrète : celle d’un délai d’obtention de la carte qui viendrait retarder l’accès aux fonds, en particulier durant l’été, période de forte affluence touristique.
En donnant instruction aux banques d’accélérer le processus, la Banque centrale cherche précisément à désamorcer cette crainte. Le signal envoyé se veut rassurant sur deux plans : l’octroi de l’allocation elle-même n’est pas remis en cause, seul son mode de versement change ; et les autorités entendent éviter tout blocage administratif qui pénaliserait les voyageurs.
Traçabilité et lutte contre les détournements
Au-delà de la question des délais, le passage à la carte bancaire répond à un objectif de contrôle. En rattachant les 750 euros à un support électronique traçable, les autorités monétaires visent à s’assurer que ces devises servent bien à leur usage prévu, tout en réduisant les possibilités de détournement vers d’autres circuits. Cette bascule s’inscrit plus largement dans la volonté de généraliser le paiement électronique à l’étranger et de rapprocher les pratiques bancaires nationales des standards internationaux.


