La Libye réclame plus de 10 millions d’euros à Nicolas Sarkozy

Mecipsa Amokrane
2 min de lecture
Nicolas Sarkozy, ex-président de la République française.

Les autorités libyennes ont réclamé mercredi environ 10 millions d’euros de dommages et intérêts à Nicolas Sarkozy et à cinq de ses coprévenus dans le procès en appel sur les soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle française de 2007.

Devant la cour d’appel, l’avocate de l’État libyen a demandé 4,99 millions d’euros au titre du préjudice matériel et 5 millions d’euros pour préjudice moral. Selon elle, cette demande vise à faire reconnaître « le préjudice subi par la population libyenne », déjà éprouvée par « 42 ans du régime autocratique » de Mouammar Kadhafi.

Le préjudice matériel invoqué correspond à deux virements effectués en janvier et novembre 2006 par le Trésor et les services de renseignement libyens sur un compte de l’intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine. L’accusation estime que ces fonds publics détournés étaient destinés à financer clandestinement la campagne de Nicolas Sarkozy dans le cadre d’un « pacte de corruption ».

Dans leurs conclusions, les avocats des autorités libyennes considèrent que « le préjudice matériel subi par l’État de Libye » correspond à « l’appauvrissement subi » afin de financer la campagne électorale de l’ancien président.

La demande d’indemnisation vise également les anciens ministres Brice Hortefeux et Claude Guéant, l’ancien dignitaire libyen Bachir Saleh, ainsi que l’intermédiaire Alexandre Djouhri et Thierry Gaubert, décédé en septembre dernier.

En première instance, le tribunal correctionnel de Paris avait rejeté la constitution de partie civile de l’État libyen, estimant que les autorités libyennes de l’époque, via des dignitaires de l’ancien régime, étaient autrices et non victimes du détournement de fonds publics reproché.

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