Bonne nouvelle pour les ménages algériens. Le prix de la tomate amorce une nette baisse sur les marchés de gros et de détail à travers le pays. Un soulagement attendu après des semaines de tension sur les prix de ce légume incontournable.
Sur les marchés de gros qui approvisionnent la capitale, notamment ceux de Bougarra et de Boufarik, la tomate s’affiche ce dimanche matin entre 60 et 80 dinars le kilogramme. Un niveau bien plus accessible comparé aux prix enregistrés lors de la deuxième semaine d’avril, où le kilogramme atteignait entre 200 et 240 dinars dans les marchés de détail.
Côté détail, la tendance est également à la baisse. Les consommateurs trouvent la tomate entre 80 et 100 dinars le kg sur les étals des marchés et chez les marchands ambulants. Dans les magasins, les prix oscillent entre 100 et 140 dinars. Un écart subsiste, mais la direction est clairement à la baisse.
Des récoltes abondantes au nord du pays
Pourquoi cette baisse survient-elle maintenant ? La réponse est avant tout climatique. L’amélioration des conditions météorologiques a permis aux agriculteurs d’accéder à leurs champs. En parallèle, les récoltes du nord du pays arrivent à maturité et alimentent les marchés en quantités suffisantes. L’offre remonte, les prix suivent.
Tebboune pointe la spéculation
Cette détente intervient après une période de hausse record. Les prix avaient flambé tout au long du mois de Ramadhan et durant la première quinzaine d’avril. Interrogé sur ces hausses, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a désigné deux facteurs responsables.
Le premier est d’ordre climatique. Les intempéries ont perturbé les récoltes et ralenti les livraisons. Une situation jugée « acceptable » par le Chef de l’État, dans la mesure où elle échappe au contrôle humain.
Le second facteur est, en revanche, « inacceptable » selon le président : la spéculation. Des intermédiaires profitent des tensions sur l’offre pour gonfler artificiellement les prix au détriment du consommateur. Ce phénomène récurrent fait l’objet d’une attention particulière des autorités.
L’été, saison traditionnelle de la baisse
À plus long terme, les perspectives restent favorables. En effet, l’été constitue traditionnellement une saison de détente pour les prix de la tomate en Algérie. Plusieurs grandes exploitations agricoles situées à Chlef, Skikda, Annaba et Guelma injectent alors des volumes importants sur les marchés. Cette tomate cultivée en plein champ, hors serres, bénéficie de conditions optimales durant la saison chaude. Le résultat est mécanique : l’abondance de l’offre tire les cours vers le bas de manière remarquable.
Cette dynamique est toutefois partiellement compensée par un autre phénomène. Les exploitations du Sud, spécialisées dans la production de tomate sous serre, notamment celles implantées à Biskra et à El Oued, marquent une pause estivale. Les fortes chaleurs rendent la culture impossible durant cette période. Ces wilayas, qui jouent un rôle clé dans l’approvisionnement national le reste de l’année, sortent donc temporairement du circuit.
Au bilan, l’effet combiné de la montée en puissance des wilayas du Nord et du retrait momentané du Sud se solde généralement par des prix bas et stables tout au long de l’été. Une bonne nouvelle pour le pouvoir d’achat des ménages algériens.
Un marché encore fragile
Les pouvoirs publics sont appelés à intensifier les contrôles pour prévenir tout retour de la spéculation, en particulier dans les circuits de distribution. La stabilisation durable du marché de la tomate dépendra, in fine, de la régularité de l’approvisionnement et de la rigueur dans le suivi des filières agricoles.


