Les cours du pétrole brut ont connu ce mercredi 22 juillet leur plus forte progression depuis plusieurs semaines. Selon les différents sites spécialisés, le Brent s’établissait en milieu de journée à 94,48 dollars le baril, en hausse de 3,47 dollars, soit +3,81%, tandis que le WTI américain s’affichait à 87,41 dollars, en progression de 3,07 dollars (+3,64%). Ce niveau replace le Brent à son plus haut depuis près de six semaines.
Cette flambée s’inscrit dans une trajectoire haussière entamée depuis plusieurs jours: le baril de Brent était encore sous la barre des 89 dollars lundi, avant de franchir les 91 dollars mardi, puis de bondir mercredi. La clôture de mardi constituait déjà le cours le plus élevé pour le Brent depuis le 10 juin et pour le WTI depuis le 11 juin.
l’escalade militaire au Moyen-Orient moteur de la hausse
Les analystes s’accordent sur l’origine de cette poussée : les frappes aériennes sur des installations stratégiques et les menaces pesant sur les voies maritimes du détroit d’Ormuz font craindre des ruptures d’approvisionnement en pétrole brut et en gaz naturel. À cette tension s’ajoutent les tensions dans le détroit de Bab el-Mandeb, deux points de passage stratégiques pour les exportations mondiales d’hydrocarbures.
Selon les analystes cités par Reuters, la hausse des prix du pétrole reflète principalement des inquiétudes liées aux risques géopolitiques plutôt qu’à des pénuries d’approvisionnement effectives à ce stade. Le marché intègre néanmoins la probabilité d’une instabilité persistante dans la logistique pétrolière, notamment si les exportations de pétrole arabes continuent de diminuer, l’accès de l’Arabie saoudite à l’Asie et ses activités maritimes en mer Rouge restant perturbés.
Une bouffée d’oxygène pour l’Algérie
Pour l’Algérie, cette flambée des cours internationaux constitue à première vue une bouffée d’oxygène financière. Le pays bénéficie d’un avantage géographique dans ce contexte de tensions: contrairement aux producteurs du Golfe, dont les exportations transitent par le détroit d’Ormuz, les hydrocarbures algériens rejoignent l’Europe directement par la Méditerranée, via les gazoducs TransMed et Medgaz ainsi que les terminaux d’Arzew et de Skikda, des routes d’exportation à l’abri des risques immédiats liés aux tensions du Golfe.

