Le Crédit populaire d’Algérie (CPA) a annoncé, lundi, le lancement de la carte internationale “CPA VISA Classique — Change voyage”. Ce nouveau produit bancaire cible les voyageurs souhaitant bénéficier de leur droit de change pour les déplacements à l’étranger.
Une carte dédiée exclusivement au droit de change
Dans un communiqué, la banque publique précise que cette carte est réservée au montant alloué au titre du droit de change. Elle permet à son détenteur d’effectuer des paiements et des retraits hors du territoire national en toute sécurité.
Le CPA souligne qu’aucun solde minimum n’est exigé sur le compte en devises pour en bénéficier. En revanche, le compte en dinars doit être approvisionné d’au moins 10 000 DA. Cette somme couvre les frais annuels, fixés à 3 000 DA, ainsi que les commissions liées à l’utilisation de la carte.
Seules les opérations effectuées avec cette carte sont autorisées sur le compte en devises dédié au droit de change. Le CPA rappelle par ailleurs que la contre-valeur en dinars ne peut être versée en espèces. Son règlement doit obligatoirement passer par un instrument de paiement scriptural, conformément à la réglementation en vigueur.
La banque rassure enfin les détenteurs actuels des cartes internationales CPA Visa et Mastercard. Les opérations de change restent disponibles sur les cartes déjà en leur possession.
Une multiplication des annonces bancaires
Cette initiative du CPA n’est pas isolée. Les banques algériennes multiplient depuis quelques jours les annonces autour des cartes de paiement internationales. Cette démarche répond directement aux instructions de la Banque d’Algérie, qui demandent aux établissements bancaires d’accorder une attention particulière au traitement des demandes liées à ces cartes, afin de réduire les contraintes administratives pour les citoyens souhaitant bénéficier de l’allocation touristique.
Le dispositif s’inscrit dans le cadre de l’instruction n° 07-2026 du 13 juillet 2026, entrée en vigueur le 19 juillet. Ce texte encadre désormais le versement du droit de change pour voyage à l’étranger exclusivement via une carte de paiement internationale, qu’il s’agisse d’une carte déjà détenue par le client ou d’une carte spécialement dédiée à cet usage.
Un accompagnement encore inégal selon les établissements
La généralisation de cette exigence pose toutefois la question de l’accessibilité, dans un pays où le paiement électronique reste marginal. L’ouverture d’un compte en devises et les frais annuels associés constituent, pour certains établissements publics, une contrainte supplémentaire pour une partie de la clientèle.
En proposant une carte sans exigence de solde minimum en devises, le CPA cherche visiblement à se positionner comme un acteur facilitateur dans cette phase de mise en conformité réglementaire. D’autres banques de la place devraient suivre, à mesure que la Banque d’Algérie poursuit son suivi de l’application de cette instruction.

