Publié chaque année par Shanghai Ranking Consultancy, l’Academic Ranking of World Universities (ARWU), plus communément appelé classement de Shanghai, sélectionne les 1 000 établissements les mieux classés parmi plus de 2 500 universités évaluées. Il privilégie très nettement la production scientifique et le rayonnement international de la recherche.
L’Arabie saoudite au top
Avec 13 universités dans le Top 1 000, l’Arabie saoudite, comme pour 2025, s’impose comme le principal pôle universitaire du monde arabe dans le classement 2026. Parmi ses établissements les mieux positionnés figurent la King Saud University (KSU), première université saoudienne du classement, la King Abdulaziz University (KAU), la King Abdullah University of Science and Technology (KAUST) et la King Fahd University of Petroleum & Minerals (KFUPM).
D’autres établissements saoudiens figurent également dans le palmarès, notamment la King Khalid University, classée dans la tranche 401-500, la Prince Sattam Bin Abdulaziz University, dans la tranche 701-800, ainsi que l’Al-Imam Mohammad Ibn Saud Islamic University, dans la tranche 901-1000. S’y ajoutent notamment la Princess Nourah bint Abdulrahman University, la Taif University, la Qassim University, la Jazan University, l’Umm Al-Qura University et la King Faisal University.
Cette représentation traduit la montée en puissance du système universitaire saoudien dans la recherche scientifique internationale, après plusieurs années d’investissements dans les universités, les infrastructures de recherche et l’attractivité scientifique.
L’Égypte confirme son avance sur le Maghreb
Avec six universités, l’Égypte arrive derrière l’Arabie saoudite mais conserve une position solide dans le paysage universitaire arabe. Les établissements égyptiens présents dans le Top 1 000 sont l’Université du Caire, l’Université d’Alexandrie, l’Université Ain Shams, l’Université de Mansoura, l’Université Al-Azhar et l’Université de Zagazig.
L’écart avec le Maghreb est particulièrement visible. Le Maroc ne compte qu’une seule représentante, l’Université Hassan II de Casablanca, classée dans la tranche 901-1000.L’Algérie et la Tunisie ne placent aucune université dans le Top 1 000 mondial.
Le constat est d’autant plus notable que ces deux pays disposent de systèmes d’enseignement supérieur importants en termes d’étudiants et de nombre d’établissements. Mais l’ARWU ne mesure pas principalement ces dimensions : il cherche à mesurer la capacité d’une université à produire une recherche scientifique de premier plan et à obtenir une visibilité internationale.
Un classement qui mesure avant tout la puissance scientifique
La méthodologie de Shanghai explique cette hiérarchie. L’ARWU repose sur six indicateurs objectifs. Le premier mesure le nombre d’anciens étudiants ayant obtenu un prix Nobel ou une médaille Fields et représente 10 % du score. Le deuxième prend en compte les membres du personnel ayant obtenu ces mêmes distinctions et pèse 20 %.
Les chercheurs hautement cités représentent également 20 % du résultat. La production d’articles dans les revues Nature et Science compte pour 20 %, tandis que les publications indexées dans le Science Citation Index-Expanded et le Social Science Citation Index du Web of Science représentent encore 20 %. Les 10 % restants correspondent à la performance académique rapportée au nombre de chercheurs.
Le classement est donc avant tout un indicateur de puissance de recherche. Il ne mesure pas directement la qualité de l’enseignement, les conditions d’accueil des étudiants, l’insertion professionnelle des diplômés ou l’efficacité pédagogique d’une université.
Cette distinction est importante : l’absence d’une université du Top 1 000 ne signifie pas qu’elle dispense un enseignement de mauvaise qualité. Elle signifie que son activité scientifique ne produit pas, selon les indicateurs retenus par Shanghai Ranking, un niveau de visibilité et d’impact suffisant pour apparaître parmi les 1 000 établissements retenus.
Un décrochage du Maghreb
Le classement 2026 fait néanmoins apparaître un phénomène difficile à ignorer. Le retard du Maghreb ne se mesure plus seulement par rapport aux grandes puissances universitaires mondiales. Il apparaît au sein même du monde arabe. L’Arabie saoudite, avec 13 établissements classés, dispose d’un avantage considérable sur l’Égypte, qui en compte six. Le Maroc ne place qu’une université, tandis que l’Algérie et la Tunisie restent totalement absentes du Top 1 000.
L’ARWU ne permet pas, à lui seul, de dresser un diagnostic complet des systèmes universitaires de la région. Mais il fournit un indicateur particulièrement exigeant de leur capacité à produire des connaissances scientifiques reconnues à l’échelle internationale. Et sur ce terrain, le classement de Shanghai 2026 dessine une hiérarchie claire : l’Arabie saoudite s’installe en tête du monde arabe, l’Égypte conserve une présence significative, tandis que le Maghreb reste largement en retrait.


