Après la flambée observée à l’approche de l’Aïd El-Adha, les prix des œufs enregistrent une baisse sensible sur le marché algérien. Cette tendance, constatée depuis le début de la semaine, profite directement aux ménages, alors que plusieurs facteurs conjoncturels pèsent actuellement sur la demande.
Sur le marché de gros, le plateau de 30 unités s’échange désormais entre 320 et 340 dinars. Il s’agit d’un recul moyen d’environ 30 dinars par rapport aux niveaux observés à la veille de l’Aïd, célébré le 27 mai dernier.
La baisse est également visible dans le commerce de détail. Dans plusieurs villes du pays, les consommateurs peuvent acheter un plateau d’œufs entre 380 et 400 dinars, contre des niveaux plus élevés enregistrés durant la période précédant la fête religieuse.
Dans les grandes zones de production, le repli des prix est encore plus marqué. À Médéa, Djelfa, Bouira ou encore Bordj Bou Arréridj, des marchands ambulants proposent actuellement des offres promotionnelles à 1 000 dinars les trois plateaux. Ces offres concernent principalement les œufs de petit calibre, dont les volumes sont particulièrement abondants sur le marché.
Pourquoi cette baisse?
Cette baisse des prix des œufs s’explique avant tout par une hausse de la production. Chaque année, la période estivale est généralement marquée par une augmentation de l’offre. Les élevages avicoles mettent sur le marché des quantités plus importantes, ce qui crée un déséquilibre favorable aux consommateurs.
Lorsque l’offre progresse plus rapidement que la demande, les producteurs et les intermédiaires sont souvent contraints d’ajuster leurs prix afin d’écouler les stocks. Le phénomène est actuellement visible dans plusieurs wilayas à forte vocation avicole.
Le second facteur concerne la baisse de la consommation institutionnelle. Avec le départ des élèves en vacances, les cantines scolaires ont progressivement cessé leurs activités. Or, ces structures figurent parmi les principaux acheteurs d’œufs à l’échelle nationale.
Cette réduction de la demande intervient au moment même où les volumes produits augmentent. La combinaison de ces deux éléments exerce une pression baissière sur les prix.
À cela s’ajoute le ralentissement de l’activité au sein des restaurants universitaires. La plupart des établissements d’enseignement supérieur sont actuellement engagés dans les examens de rattrapage ou dans la clôture de l’année universitaire. Le nombre d’étudiants présents sur les campus diminue fortement, ce qui réduit mécaniquement les besoins en produits alimentaires, notamment en œufs.
Les professionnels du secteur estiment ainsi que le marché devrait rester bien approvisionné au cours des prochaines semaines. Sauf retournement majeur de la demande ou hausse imprévue des coûts de production, les prix des œufs pourraient continuer à évoluer à des niveaux relativement bas durant une bonne partie de la saison estivale.
Pour les consommateurs, cette détente constitue une bonne nouvelle. Les œufs demeurent en effet l’une des sources de protéines les plus accessibles pour les ménages algériens, particulièrement dans un contexte marqué par la recherche de produits alimentaires à prix abordables.


