L’euro repart à la baisse face au dinar algérien (DZD) sur le marché noir des devises ce mardi 12 mai 2026, après plusieurs jours de relative stabilité. Une évolution qui surprend les opérateurs du marché parallèle, alors qu’une reprise de la monnaie européenne était attendue au cours de cette semaine.
Dans le détail, le billet de 100 euros s’échange à la vente contre 27 900 dinars algériens, soit une baisse de 100 dinars par rapport à la cotation de la veille. Pour l’achat, le cours s’établit à 27 700 dinars pour 100 euros.
Ce recul intervient dans un contexte marqué par plusieurs facteurs économiques et géopolitiques qui influencent directement l’offre et la demande de devises sur le marché parallèle algérien.
Trois éléments expliquent ce repli
Selon un connaisseur du marché financier informel interrogé sur cette nouvelle tendance, trois éléments principaux expliquent le repli de l’euro face au dinar algérien.
Le premier facteur concerne le regain de tension au Moyen-Orient. Les opérateurs redoutent une reprise des hostilités dans la région après les dernières déclarations du président américain Donald Trump, jugées favorables à une escalade.
La perspective d’une fin de la trêve fait craindre de nouvelles perturbations du commerce international, du transport aérien et des marchés financiers mondiaux. Dans ce climat d’incertitude, plusieurs acteurs du marché parallèle préfèrent limiter leurs opérations en devises, ce qui réduit la demande sur l’euro en Algérie.
Le deuxième facteur touche directement au secteur automobile. À partir du 1er juin prochain, l’importation de véhicules via les ports d’Alger et d’Oran sera temporairement suspendue. Cette mesure restera en vigueur jusqu’au 31 août.
Or, les importateurs de véhicules représentent une part importante de la demande en devises sur le marché noir. La baisse attendue du volume d’importation automobile devrait donc réduire les besoins en euro durant les prochains mois.
Cette décision commence déjà à produire ses effets sur les anticipations des cambistes et des opérateurs informels, qui tablent sur une diminution des transactions liées à l’automobile.
Le troisième facteur concerne également ce secteur. Le marché automobile connaît actuellement des perturbations liées au passage au système numérique pour la délivrance des cartes grises.
Cette transition entraîne des retards administratifs et ralentit plusieurs opérations de vente et d’importation de véhicules. Conséquence directe : les transactions diminuent et la demande en devises recule à son tour.
Pour les observateurs du marché parallèle, la combinaison de ces trois facteurs exerce une pression baissière sur l’euro face au dinar algérien. À court terme, les cambistes estiment que la monnaie européenne pourrait continuer à évoluer autour de son niveau actuel, sauf en cas de changement majeur sur le plan géopolitique ou commercial.
Malgré cette baisse, l’euro reste à des niveaux élevés sur le marché noir des devises en Algérie, porté par une forte demande structurelle liée aux voyages, aux importations et à l’épargne en devise.


