Premier Salon national du fromage à Constantine : une filière qui cherche sa chaîne

Maghreb Emergent
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Du 11 au 14 mai 2026, Constantine accueille pour la première fois un salon entièrement consacré au fromage et à ses dérivés. Le wali Abdelkhaliq Sayouda a inauguré la manifestation au Palais de la Culture Mohamed Laïd Al Khalifa, en présence des autorités civiles locales.

L’initiative intervient dans un contexte précis. Les produits laitiers transformés figurent parmi les premiers postes d’importation agroalimentaire algérienne, selon les données de l’ONS. Le fromage industriel, notamment en portions fondues, reste massivement importé alors que la production nationale de lait cru a progressé ces cinq dernières années. L’écart entre les deux courbes n’a pas été comblé.

Une chaîne incomplète

Le salon réunit éleveurs, transformateurs et distributeurs. Les dysfonctionnements du secteur se situent moins au niveau de la production brute que de la chaîne aval. Réfrigération insuffisante chez les petits producteurs, conditionnement non conforme aux exigences de la grande distribution, délais de livraison incompatibles avec les durées de conservation. Un fromage de qualité produit à Souk Ahras et mal conditionné ne survivra pas à un circuit vers Oran.

La question de l’agrément sanitaire des petites unités artisanales reste ouverte. Un texte réglementaire sur les conditions d’hygiène des ateliers de transformation a été publié au Journal officiel en 2022, mais son application varie d’une wilaya à l’autre, maintenant une partie de la production hors des circuits formels.

Des distinctions internationales peu relayées

Plusieurs marques algériennes ont obtenu des récompenses à l’étranger ces deux dernières années. Ce fait, régulièrement cité comme preuve de montée en gamme, reste peu documenté : ni les noms des marques primées, ni les concours concernés, ni les volumes produits n’ont été communiqués lors de l’inauguration. La filière a des atouts. Elle a aussi une communication à construire.

Vers un rendez-vous annuel ?

Les organisateurs souhaitent faire de ce salon un événement récurrent du calendrier économique national. Pour qu’une deuxième édition tienne cet engagement, le suivi post-salon comptera autant que la manifestation : accords formalisés, demandes d’agrément initiées, investissements engagés. Sans traçabilité des suites, un salon reste une photographie.

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