La National Oil Corporation (NOC) indique que les équipes techniques et opérationnelles ont engagé les opérations nécessaires pour rétablir progressivement les flux vers la raffinerie et les terminaux d’exportation.
La fermeture de la vanne était intervenue le 21 septembre. Selon la NOC, elle avait été fermée par un groupe armé. La fermeture avait provoqué une forte réduction de la production du champ de Sharara, l’un des principaux sites pétroliers libyens. Les revendications étaient liées au statut et au financement des membres des forces chargées de la protection des installations pétrolières.
Près d’un million de barils de production perdus
La NOC estime que les cinq jours de fermeture ont entraîné une perte de 942 376 barils de production, pour une valeur d’environ 95 millions de dollars. La baisse des approvisionnements en brut a également contraint la raffinerie de Zawiya à arrêter l’une de ses unités.
La reprise du pompage ne signifie toutefois pas un retour instantané aux niveaux habituels. La NOC précise que les flux doivent revenir progressivement à la normale après les vérifications techniques et opérationnelles. Le champ de Sharara dispose d’une capacité d’environ 300 000 à 320 000 barils par jour et son brut est acheminé vers le nord par l’oléoduc de Sharara-Zawiya. La raffinerie de Zawiya, d’une capacité d’environ 120 000 barils par jour, joue par ailleurs un rôle important dans l’approvisionnement du marché libyen en carburants.
La fermeture avait également fait peser un risque sur les exportations et sur l’approvisionnement du marché intérieur. Dans son communiqué du 21 septembre, la NOC avait averti qu’une prolongation du blocage pourrait conduire à l’arrêt de la production, du transport et des exportations de Sharara et obliger la compagnie à déclarer la force majeure. Elle avait aussi prévenu qu’une interruption prolongée pourrait affecter le fonctionnement de la raffinerie de Zawiya et accroître les besoins d’importation de carburants.
Un nouvel épisode dans une longue série de blocages
La réouverture de septembre 2026 intervient dans un secteur qui a connu plusieurs interruptions liées aux tensions politiques, aux revendications locales et aux problèmes de sécurité.
En janvier 2024, des manifestants avaient fermé le champ de Sharara, interrompant les livraisons de brut vers le terminal de Zawiya. La NOC avait déclaré la force majeure à compter du 7 janvier. La mesure avait été levée le 21 janvier après la reprise de la production.
En août 2024, le champ avait de nouveau été affecté par des protestations dans le Fezzan. Reuters rapportait alors une réduction de la production d’environ 60 000 barils par jour, soit près de 20 % de la capacité de Sharara. La NOC avait ensuite confirmé une réduction partielle de la production liée aux sit-in du mouvement Fezzan Anger.
Le même mois, une crise politique autour de la Banque centrale avait provoqué de nouvelles perturbations dans le secteur pétrolier. Selon une enquête Reuters publiée début septembre, la production libyenne avait diminué d’environ 290 000 barils par jour en août.
Le précédent de 2020, beaucoup plus lourd
Le précédent le plus important concernant directement le corridor de Sharara vers Zawiya remonte à 2020. En janvier de cette année-là, la fermeture de vannes à la station de pompage de Hamada avait entraîné l’arrêt de la production des champs de Sharara et El Feel et la suspension de leurs approvisionnements. La NOC avait déclaré la force majeure.
Après plusieurs mois d’interruption, la vanne de Hamada avait finalement été rouverte en juin. La NOC avait alors annoncé la reprise de la production à Sharara, initialement à hauteur de 30 000 barils par jour, en précisant que le retour à la pleine capacité nécessiterait du temps en raison des dommages provoqués par la longue période d’arrêt. Elle avait évalué à 142 jours la durée du blocage.
La reprise avait cependant été de courte durée. Quelques jours plus tard, le 8 juin, un groupe armé avait fait irruption dans le champ et contraint les travailleurs à arrêter de nouveau la production. La NOC avait alors rétabli la force majeure sur les exportations de brut de Sharara.
En octobre 2020, la compagnie avait finalement annoncé la levée de la force majeure sur Sharara après un accord destiné à mettre fin aux obstacles affectant le fonctionnement du champ.
Un enjeu qui dépasse le seul champ de Sharara
Ces épisodes montrent la vulnérabilité du système pétrolier libyen aux interruptions localisées. Le corridor Sharara-Zawiya constitue un maillon essentiel entre les installations de production du Sud-Ouest et les infrastructures méditerranéennes d’exportation et de raffinage.
La fermeture d’une seule vanne peut ainsi avoir des répercussions en chaîne : réduction de la production du champ, interruption du transport du brut, baisse des volumes disponibles pour les exportations et, lorsque les approvisionnements de Zawiya sont affectés, risque sur la production de carburants destinée au marché intérieur.
La NOC avait d’ailleurs averti le 21 septembre que la poursuite du blocage de la vanne n°7 pouvait entraîner l’arrêt de la raffinerie de Zawiya et accroître les coûts d’importation de carburants.

