Les ministres africains du Pétrole ont pris la décision de boycotter le prochain sommet des énergies africaines (AES), prévu du 12 au 14 mai 2026 à Londres, a annoncé la chambre africaine de l’énergie sur son site officiel.
Cet événement, organisé chaque année par Frontier Energy Network, soulèvent de sérieuses préoccupations des dirigeants africains, quant au “manque d’inclusion, à la représentativité et à l’orientation de son programme” lit-on sur le site de AEC.
Les raisons de la colère : inclusion et représentation
“Les politiques d’exclusion ne reflètent pas nos valeurs ni celles de l’industrie pétrolière”, déclare NJ Ayuk, président exécutif de la Chambre africaine de l’énergie. Il a notamment interpellé Gayle et Daniel Davidson, les dirigeants de Frontier, en dénonçant un manque de respect envers les progrès réalisés par l’Afrique. Selon NJ Ayuk, de nombreux Africains estiment que leurs acquis en matière de potentiel local sont “constamment bafoués par des groupes comme Frontier.”
Le potentiel local : un moteur de développement économique
Les ministres africains du Pétrole défendent ardemment le potentiel local qui constitue, selon eux, “le socle de la création d’emplois, du développement des compétences et de la participation économique sur le continent”. Plusieurs projets majeurs à travers le continent illustrent le succès de cette approche inclusive : au Sénégal et en Mauritanie, Le projet gazier “Greater Tortue Ahmeyim (GTA)”, qui a exporté sa première cargaison en 2025 et vise sa pleine capacité en 2026, intègre une stratégie robuste.
Il a mis en place un portail pour les fournisseurs locaux, formé plus de 47 stagiaires pour le travail en mer, et investi massivement dans la santé et l’éducation des communautés. En Guinée équatoriale, le projet “EG LNG” emploie plus de 1 400 personnes locales. Avec l’expansion du “Gas Mega Hub“, ce chiffre devrait grimper à 3 000 employés. Au Nigeria, l’application stricte de la loi NOGIC a permis au projet de GNL nigérian d’économiser près de 2 milliards de dollars lors de la phase de construction (EPC) de son septième train.
Une nouvelle génération de pays producteurs alignés
L’engagement envers le potentiel local ne se limite pas aux producteurs historiques. De nouveaux acteurs émergents intègrent déjà ces exigences dans leurs cadres légaux. C’est le cas du Mozambique (qui développe trois grands projets GNL), de la Gambie, ainsi que de la Namibie, qui prépare sa première production de pétrole pour 2029
À noter que la Chambre africaine de l’énergie réunit des gouvernements volontaires et des entreprises crédibles afin de poursuivre la croissance du secteur africain de l’énergie dans le cadre de pratiques commerciales conformes aux normes internationales.
La relation des pays producteurs de pétrole avec l’AEC est basée sur la collaboration, non sur l’adhésion. Ce qui explique l’absence de liste de pays qui boycottent le sommet de Londres de mai prochain.


