L’hôtel Mercure a accueilli les 27 et 28 mars la 23e édition du congrès national de l’Association des Rhumatologues Algériens Privés (ARAP). Plus de 300 participants ont fait le déplacement, rhumatologues algériens pour la majorité, mais aussi experts internationaux. Nous avons rencontré le docteur Djamal Abdennour Bahlouli, président de l’ARAP, qui revient sur les grands thèmes de cette édition et alerte sur plusieurs menaces pesant sur la santé publique.
Docteur Bahlouli, ces deux journées de congrès s’achèvent. Comment s’est déroulée cette 23e édition et quelles sont les principales nouveautés présentées cette année ?
Docteur Bahlouli : Ce congrès a été conçu avant tout comme un espace de formation médicale continue. Notre objectif est de proposer une mise à niveau pour tous les médecins, rhumatologues confirmés ou généralistes, ces derniers étant souvent en première ligne face aux patients.
Nous avons abordé toutes les facettes de la spécialité, des pathologies inflammatoires chroniques aux maladies dégénératives, en passant par la douleur, l’ostéoporose et les rhumatismes métaboliques.
La rhumatologie évolue vite. Chaque année, de nouvelles molécules apparaissent, ce que nous appelons les biothérapies. Ces traitements représentent une avancée majeure pour la prise en charge des rhumatismes inflammatoires chroniques. Ces produits restent onéreux, mais leur efficacité est prouvée et ils transforment la vie de malades qui, auparavant, se retrouvaient sans solution.
Au-delà de ces avancées, que faut-il retenir de ces échanges ? Y a-t-il des points que vous souhaitez signaler à l’opinion publique ?
A.B : Le danger de l’invalidité doit être signalé. Si ces maladies ne sont pas diagnostiquées et traitées à temps, elles deviennent lourdement handicapantes. C’est pourquoi nous insistons autant sur la prévention et la prise en charge précoce.
Un autre sujet m’inquiète profondément : l’évolution de notre mode de vie. Nous observons une explosion de la sédentarité et de l’obésité en Algérie. En dix ans, nos habitudes ont radicalement changé. Les gens bougent de moins en moins, la voiture est devenue le réflexe pour le moindre déplacement, l’activité physique a quasiment disparu du quotidien. Ce changement de régime alimentaire et cette immobilisation sont de véritables bombes à retardement pour nos articulations.
La tuberculose reste aussi un sujet de vigilance. Elle demeure endémique en Algérie, mais elle a changé de visage. On rencontre aujourd’hui beaucoup de « porteurs sains », des personnes qui ne sont pas malades dans l’immédiat mais qui portent le germe et risquent de développer la maladie plus tard.
L’association semble porter de grandes ambitions. Quels sont ses objectifs, ses réalisations et vos projets pour l’avenir ?
A.B : L’ARAP ne se résume pas à un événement annuel. Tout au long de l’année, nous organisons des journées de formation ciblées et des actions de sensibilisation. Nous travaillons avec les médecins généralistes pour leur donner les outils nécessaires au dépistage précoce, et nous proposons des formations spécialisées aux rhumatologues sur les nouvelles techniques de soin.
L’association prépare déjà la 24e édition du congrès national. L’objectif est de poursuivre ces rencontres régulières pour que l’information médicale circule partout en Algérie, et que chaque progrès technique soit accessible au plus grand nombre de praticiens.


