Marché noir des devises : l’euro poursuit sa flambée face au dinar algérien

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Le marché noir des devises en Algérie connaît une nouvelle secousse. Ce dimanche 5 avril 2026, la monnaie unique européenne a franchi un nouveau palier symbolique face au dinar algérien. Cette tendance haussière confirme la fragilité de la monnaie nationale sur le marché noir, où la demande surpasse largement l’offre disponible.

Désormais, le billet de référence de 100 euros s’échange contre 28 000 dinars algériens (DZD) dans les principaux points de change informels, comme le Square Port-Saïd à Alger. Cette cotation marque une progression immédiate de 50 dinars par rapport à la veille.

Cependant, c’est en observant l’évolution sur une semaine que l’on mesure l’ampleur de la dépréciation. En effet, par rapport à la cotation du mardi 31 mars, la hausse atteint 200 dinars pour une coupure de 100 euros. Cette accélération subite inquiète les opérateurs économiques, car elle renchérit mécaniquement le coût des produits importés via les circuits non officiels.

La reprise du “commerce du cabas” booste la demande

Plusieurs facteurs expliquent cette tension renouvelée sur le marché noir. En premier lieu, les analystes pointent la reprise intensive du “commerce du cabas”. Après une période de stagnation relative durant le mois de Ramadhan, les importateurs informels reprennent leurs rotations vers l’Europe et la Turquie.

De plus, la fin de la période de piété religieuse coïncide avec un besoin urgent de reconstituer les stocks de produits de consommation courante et de pièces détachées. Par conséquent, la demande de devises cash explose, poussant les cambistes à relever leurs tarifs pour capter le peu de liquidités disponibles.

L’impact de la géopolitique et du marché automobile

Le contexte international pèse également lourdement sur les taux de change. La persistance de la guerre au Proche-Orient perturbe les circuits logistiques classiques. Face à cette instabilité, les commerçants et les concessionnaires automobiles informels ont fini par adapter leurs stratégies.

D’un côté, les importateurs de véhicules d’occasion de moins de trois ans se ruent sur l’euro pour finaliser leurs transactions avant d’éventuels nouveaux blocages. De l’autre, l’incertitude géopolitique pousse certains épargnants à convertir leur capital en euro.

Le marché noir des devises reste le baromètre des déséquilibres de l’économie réelle. Tant que les circuits officiels ne pourront pas satisfaire la demande des opérateurs privés et des particuliers, la pression sur le dinar restera constante. Les prochains jours seront décisifs pour observer si le seuil des 28 000 DZD deviendra un nouveau plancher permanent.

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