Mauritanie : le dialogue national relancé malgré les tensions sur les mandats présidentiels

Mecipsa Amokrane
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Les discussions autour du futur dialogue national reprennent timidement après plusieurs jours d’impasse, en Mauritanie. Réunis il y a quelques jours au palais des congrès de Nouakchott, les acteurs politiques tentent de surmonter leurs divergences, notamment sur la question sensible de la limitation des mandats présidentiels.

Un début de compromis semble émerger sous l’impulsion des autorités. Le coordinateur du dialogue, a opté pour une approche plus consensuelle en proposant d’écarter les points les plus controversés. Les discussions se concentreraient désormais sur des principes généraux tels que la « réforme démocratique » et la « réforme électorale », laissant de côté les détails relatifs au nombre et à la durée des mandats présidentiels.

Cette formule a été acceptée par une partie de l’opposition, désireuse d’éviter un enlisement prolongé. Selon des députés d’opposition, les représentants du pouvoir doivent encore consulter leur base avant de valider toute avancée. « Nous sommes engagés dans un processus inédit, construit sur une année de préparation participative », indique des députés, plaidant pour la poursuite des discussions.

Mais cette volonté d’apaisement est loin de faire l’unanimité. Figure majeure de l’opposition, Biram Dah Abeid, qui boycotte les réunions, dénonce une tentative du pouvoir de contourner les garde-fous constitutionnels. Il accuse la majorité de vouloir ouvrir la voie à une remise en cause de la limitation des mandats présidentiels, un sujet particulièrement sensible dans le contexte politique mauritanien.

Pour cet opposant, l’absence de garanties claires fragilise la crédibilité du dialogue. Il redoute une réforme qui permettrait au chef de l’État de prolonger son maintien au pouvoir au-delà des limites actuelles, ce qu’il qualifie de « défiguration de la Constitution ».

Dans ce climat de méfiance, chaque pôle politique est désormais appelé à consulter ses bases avant une nouvelle réunion préparatoire. L’avenir du dialogue national dépendra largement de la capacité des différents acteurs à dépasser leurs divergences et à instaurer un minimum de confiance.

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