NAPEC 2026 : Champs matures, les Américains mettent l’IA en avant pour produire plus en Algérie

À NAPEC, Sonatrach a réclamé de la technologie, intelligence artificielle comprise, pour relever la récupération de ses champs matures. Ses partenaires américains se sont dits prêts à investir.

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Installations d'un site de production d'hydrocarbures dans le Sahara. À NAPEC, Sonatrach a réclamé de la technologie pour relever la récupération de ses champs matures. ©Sonatrach

Le renouvellement des réserves et une meilleure exploitation des champs matures figurent en tête des priorités d’amont citées par Mohamed Arkab à NAPEC. Le ministre compte sur la récupération assistée, l’un des thèmes forts de cette 14ᵉ édition, pour relever les taux de récupération des gisements.

Le programme 2026-2030 de Sonatrach traduit cette ligne en opérations. Il prévoit près de 950 puits de développement et quelque 6 300 interventions sur les puits existants, contre environ 500 puits d’exploration. Le groupe a enregistré 17 découvertes en 2025, concentrées pour l’essentiel dans des bassins matures, ce que son P-DG, Noureddine Daoudi, présente comme la preuve que le domaine minier reste largement prometteur.

Sur le terrain, la revue de Sonatrach détaille le projet Boosting III. Il a permis de maintenir la production à 188 millions de mètres cubes de gaz par jour et d’ajouter 121 milliards de mètres cubes de gaz sec de réserves, avec 7 millions de tonnes de condensats et 3 millions de tonnes de GPL. Sa réalisation a pris quatre jours au lieu des douze prévus.

La question a occupé toute une session, organisée par la Chambre de commerce algéro-américaine, consacrée à la récupération assistée et améliorée des hydrocarbures. Un cadre de Sonatrach y a reconnu que le groupe ne peut pas tout faire seul. Son département recherche et développement existe, a-t-il dit, mais il ne suffit pas pour la récupération. « Nous avons besoin de technologie, l’intelligence artificielle doit être implémentée et intégrée, pour aller vite et assurer l’efficacité dans la récupération dans les champs matures », a-t-il expliqué, en soutenant que Hassi Messaoud peut produire plus qu’elle n’a produit en soixante ans.

Les partenaires américains ont suivi sur le même terrain. Une représentante de Baker Hughes a estimé que l’IA fait partie des solutions et que l’innovation peut aider à maximiser la récupération des actifs matures. Halliburton a avancé que ces outils ont permis aux États-Unis d’optimiser la récupération jusqu’à 60 % dans les champs matures, et Warren Murdock, président de la Chambre et représentant d’Oxy, a cité le bassin de Berkine, où a été réalisé le taux de récupération le plus élevé du pays. « Nous avons un grand intérêt à travailler avec Sonatrach », a-t-il déclaré.

Le directeur d’Alnaft, Abdelkader Cherfaoui, a ajouté qu’avec les nouveaux équipements, les actifs matures ne sont plus considérés comme déclinants, puisque les technologies rendent les projets économiquement viables. Le chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis, Mark Schapiro, avait ouvert la session en rappelant que « l’Algérie a des décennies d’expérience dans les hydrocarbures, et le secteur n’est pas totalement exploré », avant d’appeler à y « investir rapidement ». Selon lui, « la technologie américaine peut faire la différence ».

Une production de gaz en recul depuis trois ans

Le contexte explique l’insistance sur les champs existants. La production nationale de gaz a reculé en 2025 pour la troisième année consécutive, à 101,84 milliards de mètres cubes contre 104,5 milliards un an plus tôt. Arkab n’a cité ni les taux de récupération actuels, ni un objectif, et il n’a pas désigné les champs concernés par la récupération assistée. Le panel n’a pas comblé ce vide. Le chiffre de 60 % décrit l’expérience américaine, et aucun intervenant n’a donné le taux actuel de Hassi Messaoud ou de Berkine, ni dit quelle part des gisements en déclin l’IA permettrait de récupérer.

La part laissée aux partenaires reste mesurée. Sonatrach prévoit que 26 % du budget d’exploration-production se fasse en partenariat, ce qui laisse près des trois quarts à sa charge. Les compagnies ont été invitées à Oran et ont vanté leurs technologies, mais le cadre financier qui leur est proposé n’a pas été précisé.

Mark Schapiro a annoncé que les Américains organiseront des rencontres d’affaires tous les deux mois, pour bâtir selon lui « un partenariat solide, et non pas parler dans le vide ».


De notre envoyée spéciale à Oran : Lynda NACER

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