Or, argent, palladium : la guerre iranienne fait tout chuter

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L’or perd 14,9 % depuis le 28 février quand l’argent s’effondre de 27,6 %. Un paradoxe qui défie la logique des valeurs refuges et qui pourrait s’aggraver.

La fermeture du détroit d’Ormuz a provoqué la plus grande perturbation de l’histoire des marchés pétroliers selon l’Agence internationale de l’énergie. Depuis le début des frappes israélo-américaines sur l’Iran le 28 février, les métaux précieux ont pourtant suivi une trajectoire inverse à celle attendue. L’argent cède 27,6 %, le palladium 20,9 %, le platine 18,6 %, l’or 14,9 %.

Le réflexe de refuge contrarié

Comment expliquer cette différence ? « Le marché n’anticipe pas seulement du pétrole, il anticipe un risque géopolitique, et ce risque se retrouve d’abord dans le Brent », explique Ross Norman, PDG de Metals Daily, dans une note. À l’inverse, la flambée du brut alimente les craintes d’inflation et repousse les anticipations de baisses de taux. Or des taux élevés réduisent mécaniquement l’attrait de l’or face aux obligations.

Un rééquilibrage incertain

Les choses pourraient cependant rapidement bouger. La probabilité d’une baisse des taux de la Fed en juin est tombée de 57 % à 23 % depuis le début du conflit. Plusieurs analystes s’attendent à ce que la correction s’approfondisse si la guerre se prolonge. Sauf qu’une autre lecture existe : JPMorgan maintient un objectif à 6 300 dollars l’once d’ici fin 2026, Deutsche Bank à 6 000 dollars.

Si les grandes banques n’ont pas révisé leurs scénarios, la Société Générale a prévenu que toute accélération des ventes spéculatives pourrait encore creuser les pertes. De quoi entretenir un fossé grandissant entre les fondamentaux de long terme et la réalité des marchés.

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