Ouargla : un projet de 550 millions de DA bloqué pendant six ans avant de voir le jour

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Le stand de l’entreprise Transko au salon Pollutec 2026, organisé au Palais des expositions de la Safex à Alger. © Djaffar Ouigra / Maghreb Émergent

Le salon Pollutec 2026, organisé au Palais des expositions de la Safex à Alger, réunit plus de 170 exposants venus présenter leurs solutions dans les domaines de l’eau, de l’environnement et de la gestion des déchets. Derrière les stands et les innovations exposées, certaines histoires illustrent aussi les difficultés rencontrées par les investisseurs sur le terrain.

Parmi elles figure celle de l’entreprise Transko. Basée à Ouargla, cette société spécialisée dans le traitement et l’incinération des déchets a dû patienter plusieurs années avant de pouvoir lancer son activité malgré un investissement de 550 millions DA.

Un projet lancé depuis 2019, mis en service en 2025

L’histoire de Transko débute bien avant son entrée en exploitation. Dès 2018, les porteurs du projet engagent les premières démarches pour obtenir un terrain dans une zone d’activité destinée à accueillir leur future usine. Mais rapidement, les difficultés apparaissent.

Rencontré au salon Pollutec à Alger, Aimad Eddine Kerichi revient sur les différentes étapes traversées par l’entreprise.

« En 2018, nous avons demandé un lot dans la zone d’activité. Mais celui-ci n’était pas viabilisé. Il n’y avait ni gaz, ni eau, ni électricité. Nous avons donc construit l’usine avec nos propres moyens », explique-t-il.

L’infrastructure est pratiquement achevée dès 2020. Pourtant, l’activité ne démarre pas.

« Nous avons réalisé un raccordement au gaz naturel sur près de 10 kilomètres à nos frais. Cette opération nous a coûté plus de 40 millions DA. En parallèle, nous avons acheté deux incinérateurs, l’un en Italie et l’autre en Turquie. Nous avons également fabriqué un troisième incinérateur localement en partenariat avec l’Université Kasdi Merbah de Ouargla ainsi qu’un autoclave destiné au traitement des déchets médicaux et pharmaceutiques », détaille-t-il.

Au total, l’investissement atteint près de 550 millions DA. Malgré cela, l’entreprise reste dans l’attente des autorisations nécessaires à l’exploitation du site.

« Nous avons attendu jusqu’en 2025 pour commencer réellement notre activité. Pendant plusieurs années, nous étions dans l’attente des autorisations d’exploitation », ajoute-t-il.

Le wali de Ouargla intervient pour une autorisation exceptionnelle

Face à cette situation, les responsables de l’entreprise multiplient les démarches. Selon Aimad Eddine Kerichi, plusieurs déplacements ont été effectués auprès des administrations concernées afin de débloquer le dossier.

« Nous avons frappé à plusieurs portes. Nous nous sommes déplacés à plusieurs reprises jusqu’au ministère de l’Environnement pour tenter de trouver une solution. Mais notre dossier restait toujours en attente », explique-t-il.

L’entreprise cherche alors à comprendre les raisons du blocage. « À chaque fois, on nous expliquait que le problème se situait au niveau du ministère de la Santé. Nous avons essayé d’obtenir davantage d’informations, mais la situation restait inchangée », poursuit-il.

Le tournant intervient finalement avec l’intervention du wali de Ouargla, Abdelghani Filali. « Le wali nous a accordé une autorisation exceptionnelle qui nous a permis de lancer enfin notre activité », affirme-t-il.

Cette décision met fin à plusieurs années d’attente et permet à l’entreprise de démarrer ses opérations dans un secteur particulièrement sensible pour la protection de l’environnement.

Une usine unique dans le sud algérien

Aujourd’hui, Transko commence à prendre sa place dans le paysage industriel du sud du pays. L’entreprise emploie déjà une vingtaine de travailleurs permanents.

« Nous comptons actuellement 20 employés permanents et ce chiffre devrait atteindre une trentaine dans les prochains mois », indique Aimad Eddine Kerichi.

Les équipements installés permettent le traitement de plusieurs catégories de déchets. Les deux principaux incinérateurs disposent d’une capacité de traitement de 450 kilogrammes par heure.

À cela s’ajoute l’incinérateur destiné aux déchets liquides développé en partenariat avec l’Université Kasdi Merbah de Ouargla. « Cette unité possède une capacité de traitement de 1 000 litres par heure », précise-t-il.

L’entreprise dispose également d’un autoclave spécialement conçu pour les déchets médicaux et pharmaceutiques.

Au-delà des emplois directs, le projet a également généré plusieurs activités indirectes dans les domaines du transport, de la maintenance et des services. Transko évolue encore dans sa première année d’exploitation. Son réseau commercial est en cours de construction.

« Nous sommes encore dans notre première année d’activité. Nous ne disposons pas encore d’un réseau de distribution solide. Mais nous sommes aujourd’hui la seule usine de ce type dans le sud algérien et nous comptons jouer pleinement notre rôle », souligne Aimad Eddine Kerichi.

À l’heure où la gestion des déchets devient un enjeu majeur dans plusieurs régions du pays, l’expérience de Transko illustre à la fois le potentiel de l’investissement privé et les obstacles que certains porteurs de projets continuent de rencontrer avant de voir leurs installations entrer réellement en service.

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