Les entreprises portuaires d’Alger et de Skikda ont lancé un nouvel appel aux opérateurs économiques afin d’accélérer le traitement et l’enlèvement des marchandises. À travers deux avis adressés aux transitaires, commissionnaires en douane et importateurs, les gestionnaires des deux infrastructures rappellent la nécessité d’exploiter pleinement le régime de travail en continu, instauré dans les ports algériens pour fluidifier le commerce extérieur.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre de l’application des instructions des pouvoirs publics relatives au fonctionnement des ports 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
Une mobilisation jugée insuffisante
Dans son avis, l’Entreprise portuaire d’Alger invite les transitaires et les commissionnaires en douane à assurer une présence permanente de leurs agents au niveau du port. L’objectif est de permettre la réalisation des différentes opérations sans interruption, y compris durant la nuit, les week-ends et les jours fériés.
Le port de Skikda tient un discours similaire, mais avec un ton plus ferme. La direction de l’établissement estime que les résultats attendus ne sont toujours pas au rendez-vous malgré les moyens mobilisés par les services portuaires et les administrations de contrôle.
Selon le communiqué, les visites douanières et les opérations d’enlèvement des marchandises demeurent limitées durant les horaires nocturnes et les jours fériés. Cette situation ralentit la rotation des conteneurs et contribue à la saturation des espaces de stockage.
Face à ce constat, l’entreprise portuaire appelle les opérateurs à traiter leurs marchandises à tout moment, de jour comme de nuit. Elle rappelle également que les cargaisons dont les droits et taxes ont été acquittés mais qui ne sont pas retirées dans les délais pourront être transférées vers d’autres zones d’entreposage aux frais de leurs propriétaires.
Le régime H24/7, une réforme voulue par les hautes autorités
Pour rappel, les ports algériens sont progressivement passés au régime de travail continu H24 et 7 jours sur 7 à partir du premier trimestre 2025. Cette réforme a été décidée par les hautes autorités du pays afin de moderniser les infrastructures portuaires et d’améliorer les performances logistiques nationales.
L’objectif est de réduire les temps d’attente des navires, d’accélérer le traitement des marchandises et de limiter les surcoûts supportés par les opérateurs économiques.
Cette organisation suppose toutefois l’implication de l’ensemble des intervenants de la chaîne logistique. Les administrations portuaires, les services de contrôle, les transitaires, les commissionnaires en douane, les transporteurs et les importateurs doivent agir de manière coordonnée pour garantir la continuité des opérations.
Béjaïa et Djen Djen montrent la voie
Plus d’une année après la généralisation du dispositif, plusieurs ports affichent des résultats encourageants. C’est notamment le cas des ports de Béjaïa et de Djen Djen, souvent cités comme exemples en matière de fluidité des opérations.
Grâce à une meilleure organisation et à une exploitation plus efficace du travail continu, les délais d’attente des navires y ont été considérablement réduits. Cette amélioration a permis d’augmenter la rotation des navires et de réduire la pression sur les zones de stockage.
Ces performances démontrent que le régime H24/7 peut produire des résultats tangibles lorsque tous les acteurs respectent les nouvelles règles de fonctionnement.
La situation reste toutefois plus délicate au port d’Alger, principale porte d’entrée du commerce extérieur algérien. Malgré les mesures engagées ces derniers mois, les délais d’attente des navires demeurent élevés par rapport à ceux observés dans d’autres grands ports du pays.
Les avis publiés par les ports d’Alger et de Skikda traduisent ainsi la volonté des autorités portuaires de renforcer l’implication des opérateurs économiques.


