C’est le 27 octobre que le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed tranchera une affaire qui secoue le football algérien. Dimanche 18 octobre, les plaidoiries se sont poursuivies jusqu’à près de 23 heures, avant de laisser place aux dernières déclarations des 14 prévenus, puis à la mise en délibéré de l’affaire.
À la barre se sont succédé d’anciens cadres de la Fédération algérienne de football (FAF), parmi lesquels plusieurs anciens secrétaires généraux et trois ex-présidents de l’instance : Kheireddine Zetchi, Charaf-Eddine Amara et Djahid Zefizef. Tous font face à de lourdes accusations : abus de fonction, octroi d’avantages injustifiés, passation de contrats contraires à la réglementation en vigueur et dilapidation volontaire de deniers publics.
Nekkache : un état de santé préoccupant
Face à la présidente du tribunal, les prévenus ont demandé leur acquittement, alternant, au fil de leurs interventions, défense de leur intégrité, arguments liés à leur état de santé et expressions d’amertume.
Parmi les moments marquants de la soirée, l’intervention du prévenu Nekkache, particulièrement affaibli, a retenu l’attention. Évoquant la dégradation de son état de santé, il a directement sollicité la présidente du tribunal pour demander sa remise en liberté.
Charaf-Eddine Amara : « Une dure leçon de vie »
Invité à s’exprimer, Charaf-Eddine Amara est revenu sur l’origine des poursuites, qui auraient, selon lui, été engagées à l’arrivée de l’équipe dirigeante suivante. « Quelques personnes dans le box des accusés sont visées », a-t-il affirmé, avant d’évoquer avec tristesse le sort de ses collaborateurs : « J’ai vu le dévouement des personnes avec qui j’ai travaillé et je suis vraiment triste de leur sort. J’ai fait mon travail avec intégrité. »
L’ancien dirigeant a ensuite insisté sur les conséquences personnelles et familiales de la procédure : « J’ai eu une leçon dure de la vie. J’ai perdu beaucoup, j’ai perdu mes droits ainsi que ceux de mes enfants et de ma famille. Je demande à être acquitté de toutes les poursuites. »
L’incompréhension de Kheireddine Zetchi
Prenant la parole à son tour, Kheireddine Zetchi a rappelé sa qualité de « citoyen justiciable » et exprimé son incompréhension face à son incarcération. Il estime présenter toutes les garanties nécessaires pour bénéficier d’un contrôle judiciaire. « Je suis un citoyen algérien justiciable, mais je possède toutes les assurances pour être placé sous contrôle judiciaire et poursuivre mes activités, servir le football algérien et le pays », a-t-il déclaré.
S’interrogeant sur le bien-fondé de sa détention provisoire, l’ancien président de la FAF a réaffirmé son honnêteté devant la magistrate. « Ces mois en prison ont été durs pour moi et pour les autres prévenus. Dans cette affaire, il n’y a pas de contradictions entre les déclarations des poursuivis. Chaque nuit, je me demande quel a été mon tort », a-t-il affirmé.
S’adressant directement à la présidente pour conclure, il a ajouté : « Madame la Présidente, très sincèrement, je ne peux pas être plus honnête que ce que j’ai été. Je ne regrette rien, j’ai travaillé avec intégrité. Notre confiance est grande. Je demande au tribunal de m’acquitter de toutes les poursuites. » À l’issue des débats, le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le verdict sera rendu le 27 octobre.



