L’Algérie poursuit ses efforts pour renforcer sa sécurité alimentaire et développer sa production agricole. Dans ce contexte, l’ambassade des États-Unis à Alger a accueilli cette semaine un atelier consacré à « l’optimisation de la transformation des oléagineux et de la production d’aliments pour animaux », une initiative qui met en avant l’expertise américaine dans un secteur stratégique pour l’économie agricole algérienne.
Organisée conjointement par le Département américain de l’Agriculture (USDA), le Conseil américain d’exportation du soja (USSEC) et l’Université du Missouri, la rencontre a réuni des experts algériens et américains issus des secteurs de l’agriculture et de l’industrie. L’objectif affiché est de favoriser le “partage d’expériences, de promouvoir l’innovation et de renforcer les capacités locales dans les domaines de la transformation des oléagineux et de la fabrication d’aliments destinés à l’élevage », indique ce dimanche un communiqué de l’ambassade des Etats-Unis à Alger.
Au cours de cette semaine de travail, les participants doivent prendre part à des discussions techniques, des échanges de bonnes pratiques et des présentations spécialisées portant sur les procédés industriels, l’utilisation du soja dans l’alimentation animale ainsi que les perspectives de développement de cette filière en Algérie.
« Le soja américain — de haute qualité, constant et issu d’une production durable — contribue aux objectifs de sécurité alimentaire de l’Algérie en soutenant ses filières avicole et d’élevage, ainsi qu’en générant une demande pour les installations de transformation locales », a déclaré Mark Schapiro, chargé d’affaires des États-Unis. Une déclaration qui illustre la volonté américaine de promouvoir son savoir-faire agricole tout en développant les échanges avec le marché algérien.
Une filière stratégique encore largement dépendante des importations
Le choix du soja et des oléagineux n’est pas anodin. Ces cultures occupent une place essentielle dans la chaîne agroalimentaire moderne. Les graines de soja, de tournesol, de colza ou encore de maïs oléagineux sont principalement utilisées pour la production d’huiles alimentaires, de tourteaux destinés à l’alimentation animale et de nombreux produits industriels.
En Algérie, la filière demeure encore relativement récente. Le pays reste fortement dépendant des importations pour couvrir ses besoins en huiles végétales et en matières premières destinées à l’alimentation du bétail. Entre 2025 et 2026, les exportations américaines de soja vers l’Algérie ont plus que doublé, en partie sous l’effet de la demande croissante en aliments pour animaux. Ces dernières années, les pouvoirs publics ont toutefois engagé plusieurs programmes visant à développer localement les cultures oléagineuses afin de réduire cette dépendance extérieure.
Plusieurs acteurs interviennent dans cette dynamique, notamment le ministère de l’Agriculture, les instituts techniques spécialisés, les exploitations agricoles publiques et privées, ainsi que les industriels de la transformation. Les groupes agroalimentaires et les producteurs d’aliments pour bétail suivent également avec intérêt l’évolution de cette filière, le soja représentant une source majeure de protéines pour les élevages avicoles et bovins.
Le développement des cultures oléagineuses répond à plusieurs objectifs : sécuriser l’approvisionnement du marché national en huiles végétales, réduire la facture des importations, renforcer la production locale d’aliments pour animaux et améliorer la compétitivité des filières agricoles.
La sécurité alimentaire au cœur de la stratégie nationale
L’atelier organisé à l’ambassade des États-Unis intervient alors que l’Algérie a fait de la sécurité alimentaire l’un des axes majeurs de sa stratégie économique. Les autorités misent sur l’extension des superficies agricoles, la modernisation des techniques de production et le développement de filières jugées stratégiques, parmi lesquelles les céréales, le lait, le sucre et les oléagineux.
Cette orientation s’est traduite par le lancement de plusieurs projets agricoles d’envergure dans le Sud du pays, ainsi que par des programmes destinés à encourager les investissements dans la transformation agroalimentaire. L’objectif est de renforcer progressivement l’autosuffisance nationale, de limiter l’exposition aux fluctuations des marchés internationaux et de garantir un approvisionnement régulier de la population en produits de base.
Dans ce contexte, l’atelier américano-algérien apparaît comme une nouvelle illustration de la coopération entre les deux pays dans le domaine agricole. Au-delà du transfert de connaissances et d’expertise, il témoigne de l’intérêt croissant porté au développement des filières oléagineuses, considérées comme un levier important pour la souveraineté alimentaire et la croissance économique de l’Algérie.


