Lundi, Donald Trump a menacé de bombarder Oman si le sultanat bloquait les pourparlers sur la réouverture du détroit d’Ormuz. Six mois que le trafic maritime n’a pas repris dans ce couloir par lequel passe environ un cinquième du pétrole mondial, fermé de facto depuis les frappes américano-israéliennes du 28 février contre l’Iran.
Rosario Pistorio n’a pas attendu que le dossier se règle pour tirer un bilan. L’administrateur délégué de Sonatrach Raffineria Italiana (SRI), qui gère la raffinerie sicilienne d’Augusta, assure avoir traversé la crise « sans interruption opérationnelle et sans impact significatif sur la continuité de la production ». Il attribue cette stabilité à un seul facteur, l’appartenance au groupe algérien. « L’intégration avec la maison mère nous garantit un accès plus stable et plus fiable aux approvisionnements », précise-t-il, avant d’ajouter que « le brut et les semi-finis d’origine algérienne représentent une source stratégique et sûre de matières premières » dans un contexte de fragmentation géopolitique croissante.
Dans l’entretien accordé au magazine italien Muoversi, il complète ce tableau d’un satisfecit plus large sur la période. « L’Italie et ses opérateurs ont fait preuve d’une capacité d’adaptation notable, en élargissant et en diversifiant leurs sources et leurs routes d’approvisionnement », affirme-t-il.
Le brut qui a nourri Augusta sans à-coups, c’est le même qui rapportait, au même moment, des centaines de millions de dollars supplémentaires à Alger. La fermeture du détroit avait plutôt arrangé Sonatrach côté production, en resserrant l’offre mondiale et en poussant plusieurs pays européens à rouvrir leurs centrales à charbon faute de gaz abordable. Un mois plus tard, le supplément de recettes pétrolières algériennes atteignait 455 millions de dollars sur le seul mois de mars, porté par un Sahara Blend passé de 70 à plus de 104 dollars le baril.
Pistorio met un chiffre sur cette stabilité côté production italienne, une hausse de 30 % de sa production de kérosène d’aviation, qu’il présente comme la garantie des livraisons aux principaux aéroports du sud de l’Italie via la raffinerie et son réseau de terminaux. Augusta reste, sur cette façade sicilienne, le seul site en mesure d’assurer ce volume, sans second fournisseur capable de prendre le relais en cas de défaillance de ses lignes.
Mardi, Oman a évoqué des discussions « positives » avec Téhéran sur la gestion future du détroit. Un pétrolier a de nouveau été visé dans la zone le même jour.


