Surendettement des pays africains : ce que propose la Commission économique des nations unies (CEA)

Surendettement des pays africains : ce que propose la Commission économique des nations unies (CEA)

De nombreux pays du continent africain croule sous les dettes, intérieure et extérieure. Des économies qui n’arrivent pas à mettre en place des plans de développement ou enregistrer des taux de croissances conséquents à cause du fardeau de la dette. La Commission économique des nations unies pour l’Afrique (CEA) a proposé une série de mesures pratiques pour que les pays surendettés gèrent leurs dettes.

En effet, les experts de la CEA, ont suggéré, début novembre, lors d’un atelier organisé au profit des décideurs politiques de différents pays africains et des instituts de recherche, de mobiliser des financements innovants pour les programmes de développement et gérer efficacement le fardeau de sa dette, qui, si elle n’est pas résolue, celle-ci constitue une menace pour la croissance économique.

Intervenant, lors de l’atelier, Adam Elhiraika, Directeur de la Division de la macroéconomie et de la gouvernance de la CEA, a déclaré que « si la dette est une source importante de financement pour la croissance économique et le développement des pays africains, sa gestion est restée un défi majeur pour de nombreux pays en raison des multiples crises économiques mondiales ».

« La pandémie de COVID-19 et la guerre russo-ukrainienne ont eu des conséquences négatives sur les performances budgétaires des pays africains, où le ratio dette / PIB est passé de 57 % en 2019 et en 2021 à 66 % en 2022 », a révélé Adam Elhiraika.

Il a souligné à la même occasion que l’effet de « l’augmentation du fardeau de la dette à une dépense croissante dans le secteur de la santé et les coûts sociaux que les États ont été supportés pour atténuer les effets négatifs de l’arrêt total ou partiel des activités économiques ». Et d’ajouter à cela « l’affaiblissement de la monnaie nationale et l’augmentation de la dette extérieure, ainsi que les crises mondiales conjuguées ont exacerbé le surendettement d’un certain nombre de pays africains ».

16 pays risquent le surendettement

Déjà, le ratio dette / PIB des pays importateurs de pétrole en Afrique a atteint 73 % du PIB en 2022, en raison de la flambée des coûts de l’énergie provoquée par la crise ukrainienne. La dernière liste des Analyses de viabilité de la dette (DSA) des Pays à faible revenu, du FMI montre qu’au 31 mai 2022, 16 pays africains présentaient un risque élevé de surendettement et 7 étaient déjà surendettés.

Le Fonds monétaire international a fortement recommandé au G20, de lancer l’Initiative de suspension du service de la dette (DSSI), qui a été créée en 2021. La DSSI a aidé les pays à concentrer leurs efforts sur la lutte contre l’épidémie et l’amélioration des conditions de vie et des moyens de subsistance des personnes les plus vulnérables.

L’expert de la CEA a souligné, lors de l’atelier, que 52% des pays africains élégibles à la DSSI font face à une situation économique difficile. Sur les 73 pays éligibles dans le monde, 48 ​​ont participé à cette initiative, qui a réussi à suspendre le paiement de 12,9 milliards de dollars de service de la dette entre mai 2020 et décembre 2021.

Dans un effort visant à aider les États membres, la CEA a lancé en 2021 la Facilité de liquidité et de durabilité (LSF) pour réduire les primes de liquidité et améliorer l’accès souverain aux marchés obligataires internationaux pour les pays africains grâce à un marché régional des pensions conforme aux normes internationales.

La Facilité a le potentiel de faire économiser aux pays africains environ 11 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années sur les coûts d’emprunt. Il a déjà suscité l’intérêt d’un certain nombre de gestionnaires d’actifs internationaux importants et sa valeur potentielle au cours de la première année pourrait atteindre jusqu’à 30 milliards de dollars.

En août 2021, le Fonds monétaire international (FMI) a lancé l’allocation de Droits de tirage spéciaux (DTS) d’une valeur de 650 milliards de dollars pour stimuler la liquidité mondiale. De nombreux pays développés s’étaient mis d’accord sur la réaffectation des DTS pour soutenir les Pays à faible revenu.

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